Monte Paschi ne se sort pas de ses multiples difficultés
Monte dei Paschi di Siena n’en finit pas de manger son pain noir. La troisième banque d’Italie accuse un cinquième trimestre de pertes consécutif. Pour ne rien arranger, le déficit est nettement supérieur aux prévisions des analystes: il atteint 279,3 millions d’euros, alors que les consensus Reuters et Bloomberg anticipaient 150 millions. Il reste toutefois inférieur aux 1,64 milliard d’euros perdus un an plus tôt –suite à des dépréciations de survaleurs et d’actifs pour 1,5 milliard, notamment liées à l’acquisition d’Antonveneta en 2007.
Comme ses concurrentes qui ont publié avant elle, Monte Paschi a subi la mauvaise santé de l’économie italienne. Elle a accru les dépréciations sur ses créances de 12,5% par rapport au trimestre précédent, à 545 millions d’euros. C’est certes moins qu’Unicredit, qui a annoncé mardi dernier, une hausse de 35% de ses provisions pour créances douteuses d’un trimestre sur l’autre.
Les frais financiers des 3,9 milliards d’euros d’aide publique (reçue via une émission obligataire souscrite par l’Etat italien), cumulés à une baisse de 38% des revenus d’intérêt, ont entraîné un recul de 22% du produit net bancaire de Monte Paschi, à 1,02 milliard d’euros.
Il reste d’ailleurs à savoir si Monte Paschi parviendra à convaincre Bruxelles du bien-fondé du soutien public, pour lequel la banque doit verser un intérêt annuel de 9%. La Commission européenne n’a pas encore rendu son verdict; mais la semaine dernière, le «Financial Times» citait un courrier adressé au ministre italien des Finances par le commissaire européen à la concurrence Joaquin Almunia, dans lequel ce dernier réclamait davantage de concessions de la part de la banque, en termes d’économies, de baisse des rémunérations des dirigeants, voire de traitement de ses créanciers. Les dirigeants de Monte Paschi ont supprimé plus de 1.750 postes au cours du semestre.
En plus de ses difficultés économiques, la vénérable institution toscane, fondée en 1472, croule sous les scandales politico-financiers. La justice locale s’intéresse au rôle qu’auraient pu jouer Bank of New York et JPMorgan dans l’acquisition d’Antonveneta par Monte Paschi. Elle les soupçonne d’avoir manœuvré pour entraver le travail du superviseur italien et faciliter ainsi l’opération. Dans cette affaire, des dirigeants de Monte Paschi sont accusés de corruption et d’escroquerie. Monte Paschi a également été accusé d’avoir vendu des produits dérivés entre 2006 et 2009 pour maquiller ses comptes.
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