Monceau Assurances privilégie la dette italienne et l’immobilier
Monceau Assurances annoncera vendredi une performance comprise entre 7,15% et 7,25% pour ses fonds placés en immobilier. Un taux qui valide la stratégie d’investissement atypique de ce groupe, héritier de l’ancienne Caisse centrale de la mutualité d’Afrique du Nord et qui, dès le début 2006, avait cédé ses titres d’emprunts de banques américaines et était sorti de la gestion alternative.
En effet, Monceau Assurances est nettement plus exposé à l’immobilier que ses homologues français, quel que soit le type de véhicules (rente et retraite, assurance-vie, fonds généraux). Son patrimoine immobilier, constitué à plus de 95% de bureaux, est évalué à plus de 760 millions d’euros.
Cette classe d’actifs représente au total 14,4% de son portefeuille géré (qui atteint 5,1 milliards d’euros fin 2010). Il pèse notamment 17% des actifs d’assurance-vie, contre une moyenne du secteur inférieure à 3%. «Nous sommes quasiment les seuls à vendre des parts de notre SCI en support de nos contrats en unités de compte», précise Gilles Dupin, président de Monceau Assurances. Cette tendance ne sera pas démentie à l’avenir. «L’immobilier ne représente que 3% des actifs de nos fonds en euros. Cette proportion va augmenter», indique le responsable, malgré la charge de 25% exigée de Solvabilité 2 pour cette classe d’actifs.
Autre caractéristique, le mutualiste est fortement exposé aux obligations indexées sur l’inflation. Celles-ci représentent par exemple 80% de son allocation obligataire et 36% de l’allocation totale de ses contrats d’assurance-retraite en points.
L’ensemble de son portefeuille obligataire, d’un montant de 2,6 milliards d’euros, est composé à 41% de titres souverains français et à 13% de dette d’Etat italienne. Le président de Monceau Assurances estime d’ailleurs que la signature italienne «n’est pas pire» que celle de la France. «Nous avons en Italie un très beau gisement d’obligations indexées. En effet, le solde budgétaire primaire est positif en Italie, alors qu’il est durablement déficitaire en France. En outre, la dette transalpine est détenue à près de 80% par les résidents, contre une proportion d’un tiers ici», souligne-t-il.
Enfin, le mutualiste s’estime d’autant moins faiblement exposé aux titres souverains grecs (entre 20 et 25 millions d’euros) qu’il les a acquis à 51% de leur valeur. Il ne participera pas à l’échange prévu par le plan de renouvellement de la dette grecque.
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