Milleis se pare pour attirer les repreneurs
Le plus dur est fait. Après sept ans de résultats dans le rouge, Milleis Banque s’apprête à publier un résultat net avant impôts positif, à 3,8 millions d’euros, pour son exercice 2023, après une perte de 18 millions l’année précédente. Ce chiffre pour 2023 reste très modeste, mais il marque un véritable tournant. Lorsque le fonds d’investissement AnaCap a racheté le réseau de Barclays France en 2017, peu pariaient sur le redressement de la structure, laissée en déshérence pendant plusieurs années avant sa reprise.
Ce retour à meilleure fortune tient à la restructuration de la banque, avec une rationalisation de ses coûts, mais aussi beaucoup au rachat de Cholet Dupont Oudart fin 2021. «Nous devons beaucoup de la croissance de notre produit net bancaire de 99 millions en 2022 à 150 millions en 2023 à l’intégration de Cholet Dupont Oudart», confirme Nicolas Hubert, le directeur général de Milleis. Comme pour beaucoup de banques françaises, ce n’est donc pas la hausse des taux et une amélioration de la marge d’intérêt, obtenue par la différence entre le taux des fonds prêtés par la banque et son coût de financement, qui explique la croissance de l’année passée.
Mais peu importe, le modèle d’affaire de Milleis tient à la fois de la banque traditionnelle et du conseil en gestion de patrimoine. Il n’est donc pas gênant que ce soit davantage la partie conseil qui tire l’activité. D’autant que, selon Nicolas Hubert, «les chiffres de 2023 n’expriment pas totalement encore le potentiel de la banque. Lors de l’exercice 2024, nous tirerons toute la valeur du rapprochement avec Cholet Dupont Oudart et nos coûts de restructuration sur Milleis Banque seront totalement amortis». Toujours selon le dirigeant, le bénéfice avant impôts de Milleis en 2023 retraité de ces éléments dépasserait les 15 millions d’euros.
Mandat toujours en cours
Ces résultats tombent bien pour l’actionnaire. Car depuis plusieurs mois, la banque Rothschild & Co a été mandatée par AnaCap pour trouver un repreneur. S’il est certain que cet actionnaire financier vendra sa participation, il peut se donner le temps de le faire. «Il est même peut-être un peu tôt pour envisager une vente», explique une source proche du dossier. Le prix d’une structure dont la rentabilité est régulière est en effet très différent de celui d’une entité tout juste redressée.
Les repreneurs potentiels peuvent être des banques françaises, qui veulent renforcer leur pôle de banque privée, mais aussi des banques étrangères qui voudraient s’implanter en France en disposant déjà d’un réseau constitué.
Enfin, même si les fonds ne sont pas férus de transactions mettant en jeu des contraintes réglementaires, comme c’est le cas pour les banques, certains pourraient se laisser tenter. «La reprise du réseau de HSBC France par My Money Group pour créer le nouveau CCF ne comprenait pas la banque privée. Pourquoi à terme le CCF ne s’allierait-il pas avec Milleis pour créer un nouvel ensemble ?», s’interrogent certains observateurs. Comme souvent, tout sera une affaire de tarif.
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