Menaces sur la rentabilité des banques européennes
La sous-performance du compartiment bancaire européen au mois d’août illustre la prudence des investisseurs à l’approche de la rentrée. Dans un contexte d’inquiétudes nourries par le ralentissement de la croissance et de l’inflation, l’indice EuroStoxx des valeurs bancaires de la zone euro a pour l’heure abandonné plus de 7% en un mois, contre un repli de seulement 2,5% pour l’indice EuroStoxx 50. Les observateurs ont notamment en ligne de mire la prochaine réunion de comité de politique monétaire de la BCE, qui se tiendra le 12 septembre.
Parmi les mesures attendues par les spécialistes figure notamment l’abaissement de -0,4% à -0,5% du taux de dépôt. Une mesure qui coûterait plusieurs milliards d’euros au secteur bancaire et qui serait accompagnée de mesures compensatrices (dites de «tiering»). «Une accentuation des mesures d’assouplissement monétaire de la BCE va encore déprimer la marge nette d’intérêt des banques, qui est déjà pressurée, tandis que la mise en œuvre de Bâle 3 suggérée par l’Autorité bancaire européenne va les forcer à augmenter leur capital réglementaire», estime Scope Ratings.
Si elles ont jusque-là partiellement compensé l’effet des taux bas par une politique de prêt expansionniste, les banques pourraient être privées de cette stratégie en cas de ralentissement marqué de la conjoncture. La perspective de taux directeurs durablement bas a en outre conduit les acteurs à revoir leur stratégie sur le front des dépôts, en répercutant les taux négatifs à leurs clientes grandes entreprises et aux institutionnels. Plusieurs banques allemandes ont en outre emboîté le pas à certaines banques suisses et danoises en facturant les dépôts de clients particuliers fortunés.
Les activités de détail ne sont pas les seules touchées par l’environnement de taux et le ralentissement de la croissance. Moody’s a ainsi abaissé hier ses perspectives sur les grandes BFI, qui devraient être «sous forte pression dans les 12 à 18 prochains mois».
Au sein de la zone euro, certaines banques pourraient néanmoins tirer leur épingle du jeu face à une nouvelle dégradation de l’environnement de taux. Les spécialistes de RBC notent ainsi une moindre sensibilité des banques françaises et néerlandaises aux baisses de taux, contrairement aux établissements allemands et italiens. HSBC affiche pour sa part sa préférence pour les grandes banques espagnoles, fortement exposées aux marchés émergents.
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