Jyske Bank impose à son tour des taux négatifs sur ses dépôts
La politique de taux négatifs sur les dépôts des particuliers fait des émules. A l’occasion de la publication de ses résultats semestriels, marqués par une baisse de 6,9% sur un an de ses revenus nets d’intérêts, Jyske Bank a annoncé qu’elle allait désormais imposer des taux négatifs sur les dépôts supérieurs à 7,5 millions de couronnes danoises (975.000 euros). Cette mesure, destinée à compenser l’impact des taux négatifs sur ses comptes, intervient quelques jours après que la troisième banque danoise a lancé une offre de prêt immobilier sur dix ans à un taux de -0,5%.
«L’environnement de taux négatifs qui a affecté le marché danois depuis 2012, seulement interrompu en 2014, semble maintenant être permanent par nature», a commenté Anders Dam, le directeur général de Jyske Bank, qui ajoute que les comptes de la banque sont «très affectés» par cet environnement et par «les dépenses d’intérêts liées à l’augmentation des dettes seniors non préférées», des instruments de passif coûteux émis pour répondre aux exigences réglementaires du MREL. Un surcoût de près de 114 millions de couronnes entre 2019 et 2022 qui, ajouté à la compression des revenus d’intérêts, crée un effet ciseau défavorable. Au deuxième trimestre, les bénéfices ont chuté de 38%, à 499 millions de couronnes.
Afin d’amortir l’effet de la politique de taux négatif de la Banque nationale du Danemark, qui l’oblige elle-même à placer ses excédents de liquidité à taux négatif, Jyske Bank négociera avec ses clients fortunés un taux de prélèvement pour les sommes dépassant 7,5 millions de couronnes. A défaut d’accord, l’établissement appliquera un taux négatif de 0,6%, soit 5 points de base de moins que le taux des certificats de dépôt de -0,65% fixé par la banque centrale nationale.
Si Danske Bank, la première banque danoise, exclut pour l’heure de mettre en place un taux négatif sur certains dépôts, la décision de Jyske Bank fait écho aux mesures similaires prises par les suisses Pictet, Julius Baer et plus récemment UBS. Plus d’une centaine de banques allemandes facturent par ailleurs entièrement ou en partie les dépôts de leurs clients particuliers au-dessus de 100.000 euros d’après un sondage du comparateur en ligne Biallo, publié fin juillet. En revanche, les établissements français ne semblent pas vouloir s’engager sur cette voie, qui peut s’avérer risquée sur le plan commercial.
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