Matthieu Lattes / White Star Capital
37 ans, HEC.
J’ai toujours navigué entre le digital, la finance et l’entrepreneuriat », synthétise Matthieu Lattes, qui vient de rejoindre, en tant qu’associé, le tout nouveau bureau parisien du fonds de capital-risque nord-américain White Star Capital. Un univers dans lequel il plonge dès son premier stage. « Je travaillais alors chez M6 pour Nicolas de Tavernost (actuel président du directoire du groupe, NDLR) avec pour mission d’identifier des projets d’investissement, notamment dans le digital », se souvient-il. Le diplômé de HEC se tourne ensuite vers la banque d’affaires, dans le conseil en fusions-acquisitions, chez JPMorgan à Londres en 2004, puis chez BNP Paribas à New York et Paris. Avec une spécialité : les sujets technologiques.
Changement de cap en 2009, quand Matthieu Lattes quitte le monde bancaire pour créer sa start-up, Isograd. La société, spécialisée dans la certification de compétences informatiques, développe notamment le TOSA, devenu une solution d’évaluation de référence pour les organismes de formation et les entreprises. « Isograd est un peu à l’informatique ce que le TOEFL est à l’anglais », s’amuse le professionnel. Toujours présent au comité stratégique de la société, qui se développe aujourd’hui aux Etats-Unis, Matthieu Lattes en cède une partie du capital pour se consacrer en 2014 à un nouveau projet. Avec Pascal Mercier, entrepreneur et financier, il lance une société de conseil en levée de fonds dans le capital-risque, Ader Finance. « Nous jouions le rôle d’intermédiaires entre les start-up et les fonds ‘venture’. En deux ans, j’ai travaillé sur une vingtaine d’opérations dans des domaines très différents : Sublime Skinz dans l’habillage publicitaire, Running Heroes dans le domaine sportif… », relate-t-il.
En 2016, il quitte l’aventure entrepreneuriale pour rejoindre la Banque Rothschild. « Ma mission était de monter l’activité de conseil en levée de fonds pour start-up au sein de la banque. Lancé avec Virginie Lazes, ce pôle compte aujourd’hui une cinquantaine de personnes, dont une quinzaine à Paris », indique Matthieu Lattes, qui a parallèlement investi à titre personnel dans plusieurs jeunes pousses (Shapr, Hivy, Epicery, SchoolMouv, Auto-Ecole.net) au fil de sa carrière.
« Je souhaitais rester dans l’univers des start-up, mais en y développant un accompagnement de plus long terme, comme le permet le métier du capital-risque, avec une dimension internationale », poursuit le nouveau general partner de White Star Capital. Fondé en 2014 par Eric Martineau-Fortin (ex-associé chez Messier Maris & Associés et ex-Merrill Lynch), le fonds de capital-risque dispose de bureaux à Londres, Montréal, New York, Tokyo, et, depuis cet été, Paris. « Notre objectif est d’être un partenaire des start-up à l’international. Nous disposons d’un large réseau à l’échelle mondiale », souligne Matthieu Lattes. Après un premier fonds de 70 millions de dollars, White Star Capital a levé, en juin, un nouveau véhicule de 180 millions de dollars, déjà investi à 25 % via huit opérations récentes. Au sein du portefeuille, qui compte près de trente participations, « deux sont françaises, Klaxoon et Meero », détaille-t-il. Une part appelée à croître avec son arrivée et l’ouverture de l’antenne parisienne.
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