Mathieu Vedrenne | Société Générale Private Banking France
Mathieu Vedrenne
Directeur
46 ans, Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)
Comment cet ingénieur physicien – passé par un laboratoire du CNRS et auteur d’un mémoire sur la supraconductivité à haute température critique – s’est-il retrouvé, en mars dernier, à la tête de la banque privée de la Société Générale en France ? Le point de départ est, certes, peu conventionnel. Mais Mathieu Vedrenne le confesse : « Je ne me voyais pas poursuivre dans la science dure et la recherche. Ayant toujours aimé l’économie, j’ai effectué trois stages au sein de la trésorerie de Schneider Electric et de la banque privée Edmond de Rothschild qui m’ont conforté dans cette voie et plus particulièrement dans la banque privée, l’un des plus anciens métiers. » Une activité qui a également constitué le fil rouge d’une trajectoire professionnelle particulièrement riche et ponctuée d’étapes structurantes, après son cursus à l’EPFL, en Suisse, où sa famille a longtemps vécu.
Après trois années de conseil en banque-finance chez PwC, il intègre l’inspection générale de la Société Générale via le premier concours externe ouvert aux candidats seniors. « J’arrivais dans un corps très constitué, qui a été une formidable école de formation et d’intégration. J’y ai découvert tous les métiers de la banque et je m’y suis énormément plu. » Il y passe cinq ans, effectuant plusieurs missions à l’étranger, avant de poursuivre son parcours à la direction de la stratégie du groupe.
Nommé sur le périmètre de la gestion d’actifs et de la banque privée, Mathieu Vedrenne est mobilisé sur les acquisitions dans une période de forte croissance externe. L’occasion de côtoyer Frédéric Oudéa, alors directeur financier et bientôt PDG, dont il dirigera ensuite le cabinet dans « une période très particulière », marquée par la crise des subprimes, de la zone euro et l’affaire Kerviel. Sa mission ? Notamment superviser le plan « Ambition SG 2015 », visant à repositionner la banque et à reconquérir des parts de marché. Ce poste exposé le plonge dans le grand bain de la gestion de crise, de la prise de décision stratégique et de la communication. Il lui permet, aussi, de rencontrer des personnalités de haut niveau. Une expérience dont il mesure toute l’utilité dans ses fonctions actuelles.
En 2012, retour aux sources et à l’opérationnel en qualité de directeur général adjoint et secrétaire du conseil d’administration de la banque privée, à Genève et Zurich, où il assure la direction des fonctions support. « Un bon atterrissage » après les turbulences des hautes sphères. Près de quatre ans plus tard, il repasse la frontière pour prendre la responsabilité des solutions de gestion de fortune et les commandes de l’offre de produits et services de Société Générale Private Banking France. « Dans cette fonction technico-commerciale, on est au cœur du moteur pour délivrer le meilleur accompagnement aux clients », commente-t-il.
Mathieu Vedrenne voit avant tout la banque privée comme un « people business » séculaire – et plein d’avenir. « C’est un métier humain et relationnel, qui a gardé toute son essence : proximité, confiance, confidentialité, logique de long terme. Il faut savoir écouter l’histoire des familles, saisir le contexte culturel, politique et économique des clients. Et l’offre, à cheval entre la banque de détail et celle de la BFI est très complète », assure-t-il.
Désormais dans le cockpit, il expose son plan de vol : « Inscrire la banque dans une trajectoire de conquête en nous positionnant plus largement sur la grande clientèle, digitaliser notre offre et servir les entrepreneurs, notamment ceux de la tech, en développant les synergies avec les différents métiers du groupe à travers le dispositif Société Générale Entrepreneurs. » Son petit plus : il aime les voitures anciennes et participe à des courses automobiles historiques. Passion que partagent nombre de ses clients…
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