M&T frappe un grand coup dans la consolidation des banques régionales américaines
La consolidation des banques régionales américaines prend enfin de la consistance. Alors que peu d’opérations de rapprochement se sont concrétisées depuis la crise financière, le rachat d’Hudson City Bancorp, un établissement renfloué par le gouvernement, par M&T Bank Corp (M&T) marque un événement de taille. Le montant de 3,7 milliards de dollars place cette transaction au onzième rang des fusions-acquisitions depuis 2008, devant le rachat en Californie d’UnionBanCal par Mitsubishi UFJ il y a quatre ans.
Selon les termes de l’accord, chaque actionnaire de Hudson City recevra l'équivalent de 0,08403 action M&T Bank, en titre ou en numéraire. Cela représente une prime de 9% sur le cours de clôture de la cible enregistré vendredi sur le Nasdaq. Une bonne affaire financière pour M&T Bank qui paie moins que la valeur comptable de l’actif corporel. Une belle affaire industrielle également puisque le mariage va lui apporter 135 agences, dont 97 dans le New Jersey, 25 milliards de dollars de dépôts. JPMorgan a conseillé Hudson City, tandis que M&T a reçu l’appui d’Evercore Partners.
M&T, basée à Buffalo dans l’Etat de New York, dont le total d’actifs s'élève à plus de 80 milliards de dollars, assure qu’il y a très peu de doublons entre les deux entités. Le groupe entend réduire le bilan de Hudson City, chiffré à 44 milliards de dollars, d’environ 15 milliards et de baisser de 24% les coûts opérationnels, essentiellement en supprimant des activités externalisées redondantes.
«En tant que caisse d'épargne, Hudson City se concentre principalement sur les dépôts et les prêts immobiliers. M&T s’appuiera sur la base de clientèle fidèle de Hudson City pour créer une franchise de banque régionale complète», a estimé Robert Wilmers, directeur général de M&T. La banque poursuit ainsi sa prise de poids marquée notamment par le rachat pour 400 millions de dollars de Wilmington Trust en 2011 et antérieurement, par celui de Provident Bankshares en 2009. Hudson City, de son côté, s’offre un nouvel avenir, alors que l'établissement peinait il y a encore quelques mois à développer fructueusement son portefeuille de crédits hypothécaires.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.