L’UFC Que Choisir passe à l’offensive sur le crédit renouvelable
La loi Lagarde réformant le crédit à la consommation, en vigueur depuis mai 2011, n’a pas permis d’enterrer la hache de guerre entre associations et professionnels (prêteurs et enseignes de la distribution). L’UFC Que Choisir a saisi hier la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
L’association a également écrit à Bercy et aux parlementaires pour qu’ils renforcent la loi, notamment avec l’interdiction du démarchage et le découplage total entre cartes de fidélité et cartes de crédit. Elle dit également porter plainte auprès du TGI de Paris contre Sofinco (Crédit Agricole), Financo (Arkéa), Cetelem (BNP Paribas), Cofidis (Crédit Mutuel-CIC et 3 Suisses) et Cofinoga (BNP Paribas et Galeries Lafayette).
L’UFC a mené une étude à travers 1.126 demandes de crédit effectuées auprès de 12 établissements sur internet et 45 lieux de vente. Si l’association reconnaît que «le renouvelable n’est plus en tête de gondole» (il a été directement proposé dans moins de 37% des cas), les professionnels contourneraient la loi.
Lorsqu’il est suggéré, un crédit renouvelable est encore dans 70% des cas désigné par une formule ambiguë («réserve d’argent», «panier»…). Dans les cas où un crédit gratuit ou amortissable a été proposé, il était en général (à 77%) associé à une carte magasin, «cheval de Troie» puisqu’elle comporte une offre de renouvelable dans les trois quarts des cas.
Au total donc, le consommateur sort du magasin dans 71% des cas avec un crédit renouvelable. Celui-ci «recule car la loi Lagarde l’a rendu plus compliqué. Mais les enseignes continuent de pousser à l’équipement de la clientèle», conclut Maxime Chipoy, chargé d’études à l’UFC.
L’information sur le lieu de vente est également déficiente. Dans 57% des cas, aucune fiche récapitulative n’a été remise, alors que c’est une obligation. La vérification de la solvabilité du client frise le néant: dans 86% des cas, aucune question n’a été posée, à peine mieux que dans l’étude de 2009 (93%). L’offre par internet n’est guère mieux lotie.
Alors que la loi oblige à proposer un choix dans le type de crédit à partir d’un montant supérieur à 1.000 euros, 10 sites sur 12 n’obtempèrent pas: soit en ne proposant pas d’alternative, soit avec une offre cachée dans des liens peu évocateurs ou nécessitant d’appeler un opérateur. Les amendes encourues par les contrevenants – 1.500 euros – restent symboliques.
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