Luc Barnaud, Natixis
47 ans, Polytechnique et Télécom ParisTech.
Cela fait à peine plus d’un an que Luc Barnaud est arrivé chez Natixis comme chief digital officer. Il a rapidement évolué pour prendre, début avril, le poste de chief digital and technology officer de la banque de financement et d’investissement du groupe BPCE. Un simple mot de plus dans son titre, qui étend largement son périmètre de responsabilités ! Désormais, il comprend en effet le data management office (DMO) et le développement informatique.
« Les moyens mobilisables sont beaucoup plus importants, avance-t-il. Le DMO s’assure de la qualité des données produites, de leur stockage et de leur utilisation, ainsi que du respect de la législation, comme le RGPD (règlement général sur la protection des données, entré en application le 25 mai dernier, NDLR). Il se dit que la ‘data’ est l’or, ou le pétrole du XXIe siècle, et je suis plutôt de cet avis, même si la formule est un peu facile. Quant au développement informatique, il est essentiel et joue un rôle clé dans le développement de systèmes à la fois plus ouverts, pour permettre l’évolution des interfaces, mais qui restent très sécurisés. »
Avant de rejoindre le groupe BPCE, Luc Barnaud a travaillé une vingtaine d’années chez France Télécom, devenu Orange, où il a occupé différentes responsabilités dans des fonctions techniques, commerciales ou marketing. Un environnement technologique propice à l’évolution professionnelle de cet ingénieur de formation, qui a lui a également permis de bien cerner le wholesale (commerce de gros, B2B2C). « Cette connaissance de la clientèle entreprises et du B2B2C a sans doute été un atout pour rejoindre Natixis », estime-t-il. Mais ses compétences techniques, développées dans une industrie qui a vécu la révolution digitale avant les entreprises de services, ont été une carte maîtresse.
Natixis est la première expérience dans le monde bancaire de Luc Barnaud, qui le découvre avec intérêt. « Ce qui me frappe depuis un an, c’est la vitesse de la transformation de la banque et de l’assurance. Les services – la matière première de l’activité – sont déjà très dématérialisés, et les enjeux actuels sont importants et nombreux. Il y a, entre autres, l’utilisation de la ‘data’ couplée au ‘machine learning’ pour améliorer la connaissance des clients ou l’analyse des risques, le fait de rentrer dans une ‘économie de plates-formes’ avec nos partenaires, la Blockchain… Un autre défi de taille est la transformation interne pour tendre vers un travail plus collaboratif. Ce qui passe notamment par la formation et la sensibilisation des salariés, l’objectif étant que chacun devienne aussi réactif que les ‘digital natives’. »
Dans son plan stratégique 2018-2020 intitulé « New Dimension », le groupe BPCE prévoit d’investir 450 millions d’euros dans des projets digitaux de transformation et d’optimisation. « Nous innovons en interne et nous intégrons aussi les innovations de nos partenaires, détaille Luc Barnaud. Nous utilisons pour cela différents modèles. L’‘open innovation’, par exemple, permet à BPCE d’intégrer les services de coaching financier de la start-up islandaise Meniga. Pour la Blockchain, nous travaillons plutôt en co-innovation avec d’autres institutions, comme au sein du consortium R3, ou avec d’autres banques européennes pour développer une solution de transactions commerciales, We.trade ». Une ouverture à toutes les nouveautés qui, pour le chief digital and technology officer de Natixis, doit rester constante.
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