L’organisation de la gestion des risques des assureurs reste à mettre en œuvre
L’Orsa (Own risk and solvency assessment) devient un enjeu de premier plan pour les assureurs français. Le modèle de gestion des risques que devra développer chaque société en interne, est «la clé de voûte du dispositif Solvabilité 2, liant les exigences quantitatives du pilier 1 et les exigences qualitatives du pilier 2» estime le cabinet d’audit KPMG dans un rapport qui a été présenté hier.
Contrairement au pilier 1 du dispositif, le pilier 2 de Solvabilité 2 réunit un large consensus au sein des organismes d’assurance, selon l’enquête menée par l’ACP qui estime que 60% des assureurs ont réalisé au moins 50% du dispositif du pilier. Mais le cabinet souligne que la préparation à l’Orsa «reste assez faible» à l’heure actuelle.
En cause, notamment : la nécessaire adaptation de la gouvernance. En la matière, KPMG souligne la nécessité de la définition des rôles et des responsabilités, la coordination en mode projet et en production, l’implication des instances décisionnelles, ainsi que la conduite du changement et la formation.
Défini par KPMG comme le processus dynamique qui assure le lien entre la gestion des risques, le pilotage stratégique de l’entreprise et l’optimisation des fonds propres, l’Orsa entend définir une «ambition suffisamment précise et partagée» avec une «remontée d’informations des opérationnels vers la direction sur le profil de risque». Pour cela, il convient d’identifier les risques par le biais d’une cartographie en se basant sur la définition claire d’une appétence pour le risque propre à chaque société en termes de pourcentage de SCR (calculs d’exigence de capital), de notation cible, de pourcentage de perte, de ratio cible de liquidités...
KPMG préconise en outre de privilégier les expositions les plus significatives ou les plus susceptibles de varier en fonction de facteurs exogènes et endogènes. Un lien avec les indicateurs stratégiques (couverture du SCR/MCR, niveau de résultat, notation, ...) est nécessaire.
Le pilier 2 permet en outre d'élargir l’horizon temporel au-delà d’un an, prévu par le pilier 1, et l’introduction éventuelle d’effets contra-cycliques. L’Orsa prévoit une fréquence des calculs régulière, au moins annuelle mais également à chaque changement significatif exogène du profil de risque, comme une baisse brutale des marchés ou une catastrophe.
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