Londres peine à faire émerger une nouvelle banque domestique

La vente de 632 agences de Lloyds à Co-op tombe à l’eau, quelques mois après celle d’agences RBS à Santander. La création de «TSB Bank» reste au menu
Alexandre Garabedian

La Bourse comme issue de secours. Telle est la dernière option pour Lloyds Banking Group après l’échec du processus de vente de 632 agences au Royaume-Uni à la mutuelle Co-operative Bank, officialisé hier. La transaction, baptisée Verde, avait été imposée par les autorités européennes de la concurrence à la suite du sauvetage public du groupe fin 2008. Elle était soutenue par Londres, qui y voyait un moyen de faire émerger un nouvel acteur bancaire domestique face à Barclays, HSBC, Lloyds et RBS. Cette perspective s’éloigne: RBS a déjà échoué en 2012 à vendre 316 agences à Santander UK et regarde également une cotation de ces activités.

Annoncé en juillet 2012, l’accord avec Co-op semblait fragile dès le départ. Hier, la mutuelle a invoqué la dégradation économique et le poids croissant de la régulation. Les autorités britanniques semblaient surtout douter de la capacité des dirigeants de l’acquéreur à exécuter une telle transformation. D’autant que Co-op, notée en catégorie spéculative (BB+) par S&P, a publié une perte au titre de 2012.

Le calendrier de l’IPO n’est pas encore fixé. Obligé de se séparer de ces activités d’ici à novembre 2013, Lloyds devrait demander un délai à Bruxelles. Pour l’heure, le groupe continue ses travaux pour détourer la nouvelle banque, et notamment pour l’équiper d’une informatique propre. Il devra aussi la doter d’un service de trésorerie autonome, faute d’utiliser celui de Co-op. La nouvelle entité prendra le nom de TSB Bank dans le courant de l’été. Selon l’accord de 2012, le périmètre concerné couvrait 4,8 millions de clients, soit 7% de part de marché des comptes courants en Grande-Bretagne, et 24 milliards de livres de bilan, ramenés à 11 milliards en actifs pondérés du risque.

L’échec de la transaction ne constitue pas forcément une mauvaise affaire pour Lloyds. Co-op devait verser 350 millions de livres au départ, avec un complément de prix selon les performances. «A l’époque, ces termes ont été vus comme très généreux pour l’acquéreur, avec la cession de l’activité à Co-op à 0,25 fois la valeur comptable en paiement immédiat, et à 0,75 fois maximum si tout allait au mieux, rappelle Michael Helsby, analyste chez Bank of America Merrill Lynch. On peut raisonnablement penser que Lloyds pourrait décrocher un meilleur prix avec une IPO». Le cours de Lloyds, passé de 30 à 50 pence depuis le 1er août 2012, a d’ailleurs fini la séance en hausse mercredi.

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