Londres et Bruxelles remettent les bonus bancaires sur le gril
A l’approche de la traditionnelle saison des bonus, un nouvel accès de fièvre étreint le secteur bancaire financier. A Londres, où l’attitude des établissements renfloués Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland est suivie avec attention, on veut maintenir le dossier en alerte. Une nouvelle impulsion alors que le Trésor consulte de son côté jusqu’au 14 février sur des mesures visant à accroître la transparence en matière de rémunération.
«Nous ne pouvons plus accepter une hausse des salaires les plus élevés cinq fois supérieure à celle des cadres ordinaires comme nous l’avons fait l’an dernier», a justifié hier Vince Cable, le ministre britannique du Commerce, devant les parlementaires de la Chambre des communes. Concrètement, le gouvernement réclame que les actionnaires des grandes sociétés cotées, les banques figurant en première ligne, aient leur mot à dire.
Un texte de loi va être rédigé afin de requérir leur vote contraignant sur deux points : lorsqu’une période de préavis d’un administrateur dépasse un an, et lorsque les primes de départ sont supérieures à un an de salaire. Londres demande parallèlement la mise en place de mécanismes de reprise (clawback) en cas de dégradation des performances. Pour appuyer son propos, Vince Cable cite une étude de la High Pay Commission, un groupe de pression, selon laquelle le bonus annuel moyen des administrateurs a grimpé de 187% au cours de la dernière décennie.
Cette détermination à modérer les pratiques salariales est également affichée du côté de Bruxelles. «Les hommes politiques auront de plus en plus de mal à expliquer au grand public pourquoi se serrer la ceinture alors que les banquiers ont de tels bonus. Si nous ne régulons pas maintenant, on risque de voir des réactions violentes», a prévenu hier Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, en visite à la City de Londres.
Alors que la transposition de la directive CRD3 et les recommandations de l’ex-Comité européen des superviseurs bancaires ont déjà tracé un cadre ; le report de 40 à 60% des bonus pour au moins trois ans et la distribution de la moitié du total sous forme d’actions, la Commission européenne veut aller plus loin. Elle réfléchit en particulier à l'élaboration de ratios maximums entre rémunération fixe et variable ou entre salaire minimum et maximum dans l’entreprise.
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