L’offre de BPM témoigne du risque des augmentations de capital bancaires
Si UniCredit cherchait du côté de Banca Popolare Milano (BPM) des raisons d’espérer pour sa future augmentation de capital, c’est raté. La petite banque milanaise voulait lever 800 millions d’euros mais n’a pas réussi à faire le plein. Seulement 82% des actionnaires ont souscrit à l’offre avec droits préférentiels, laissant 146 millions d’euros de titres aux mains des huit banques qui garantissaient l’opération. Soit Barclays, BNP Paribas, ING, Mediobanca, RBS, Santander, la Société Générale et l’émetteur lui-même.
Le syndicat de placement, constitué en juillet, savait que la partie serait difficile. BPM levait presque l’équivalent de sa capitalisation boursière (800 millions d’euros hier). La structure de son actionnariat, constitué à 60% de particuliers, rendait la souscription plus difficile. Et les institutionnels n’ont pas suffisamment pris le relais, selon une source proche, même si le Crédit Mutuel – CIC a exercé ses droits.
Les banques n’avaient pas prévu, en revanche, la tempête qui s’est abattue sur le secteur et sur l’Italie à partir d’août. Le départ de Silvio Berlusconi n’a pas relâché la tension. Coup de grâce, UniCredit a annoncé son projet d’augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros au beau milieu du placement de BPM. «Certains investisseurs ont sans doute préféré passer leur tour à l’approche de fin d’année pour se positionner début 2012 sur les titres du champion national UniCredit», estime un banquier. Malgré une décote élevée de 40% sur le prix théorique ex-droit, le titre BPM a clôturé le 18 novembre, dernier jour de l’offre, sous le prix de souscription de 30 centimes.
BPM et ses banques ont encore une deuxième chance pour alléger leur «colle» de 18%. Jusqu’à vendredi, elles organiseront des enchères sur les droits qui n’ont pas été exercés, avant la réouverture de la souscription le 28 novembre. Avec un titre à 26 centimes hier, seul un investisseur souhaitant acquérir un gros bloc sans passer par le marché pourrait y trouver un intérêt.
Selon les spécialistes du primaire actions, le dossier UniCredit s’annonce cependant différent. La banque a nettoyé ses comptes à la paille de fer, son capital est davantage aux mains des institutionnels, et son projet d’augmentation de capital passera en assemblée générale mi-décembre. «Si les actionnaires votent pour l’offre, la logique voudrait qu’ils souscrivent ensuite», note un banquier.
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