Lloyds ouvre la voie à une sortie de Londres de son capital
La sortie partielle de l’Etat britannique du capital de Lloyds Banking Group n’est plus qu’une question de semaines, voire de jours. Les résultats semestriels de la banque britannique, recapitalisée par Londres en 2008 au même titre que RBS, ont ouvert la voie à une telle opération.
D’autant qu’avec un cours monté à 74 pence hier, après un bond de 8,08%, et un doublement en un an, le gouvernement britannique est assuré de rentrer dans ses frais. Il avait injecté 20 milliards de livres en 2008, à un prix moyen par action de 61 pence. Londres détient 39% du capital de la banque. Selon la rumeur, le gouvernement, conseillé notamment par JPMorgan, pourrait décider de placer un quart de sa participation sur le marché.
«C’est à l’Etat de décider de la manière et du moment. Je pense que nous avons achevé la première étape», s’est félicité hier le directeur général de Lloyds, Antonio Horta-Osorio. Le dirigeant a assuré que la banque pourrait respecter les nouvelles normes de fonds propres sans avoir à faire appel au marché, à la différence de Barclays qui a annoncé cette semaine une augmentation de capital de 5,8 milliards de livres pour l’aider à combler un déficit de fonds propres de 12,8 milliards. Le ratio core tier 1 de Lloyds s’élève à 9,6% et la banque entend lui faire passer la barre des 10% d’ici à la fin de l’année.
Signe de cette santé retrouvée, la banque britannique a indiqué qu’elle lancerait des discussions avec les régulateurs dans les mois qui viennent pour décider d’une reprise du versement des dividendes, condition à la sortie partielle de l’Etat. La banque n’a pas versé de dividende depuis 2008, juste avant la reprise de sa concurrente HBOS au bord de la faillite.
Au premier semestre, Lloyds a dégagé un bénéfice de 2,1 milliards de livres (2,4 milliards d’euros), en dépit d’une nouvelle provision de 500 millions de livres pour vente litigieuse de produits d’assurance contre les impayés. Un an auparavant, elle avait subi une perte de 456 millions de livres. En avance d’un an sur ses objectifs, la banque entend ramener ses actifs non stratégiques à moins de 70 milliards de livres d’ici à la fin de l’année. Les charges représenteront au total 9,6 milliards de livres cette année, soit 200 millions de moins que précédemment projeté.
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