L’incendie à Los Angeles pourrait coûter plus de 20 milliards de dollars aux assureurs
Alors que les flammes menacent désormais le Walk of Fame, certains commencent déjà à estimer le coût matériel que pourrait représenter l’incendie qui ravage une partie de Los Angeles. La catastrophe a déjà fait cinq morts et obligé plus de 100.000 personnes à quitter leur habitation.
Le prévisionniste privé américain AccuWeather a estimé mercredi que les dommages et les pertes économiques causés par cet incendie, déjà l’un des pires de l’histoire, pourraient être compris entre 52 et 57 milliards de dollars.
Le feu a détruit des centaines de bâtiments, dont des villas de luxe, et mis à rude épreuve les ressources de lutte contre les incendies et les réserves d’eau depuis qu’il s’est déclaré mardi, des vents violents entravant les opérations des pompiers et attisant l’incendie. AccuWeather a précisé que si l’incendie se propageait à des quartiers densément peuplés, les estimations actuelles des pertes devraient être revues à la hausse.
A lire aussi: Les intempéries laissent une facture salée aux assureurs mondiaux
«Si un grand nombre de structures supplémentaires sont brûlées dans les jours à venir, il pourrait s’agir du pire incendie de forêt de l’histoire moderne de la Californie, si l’on se base sur le nombre de structures brûlées et les pertes économiques», a déclaré Jonathan Porter, météorologue en chef d’AccuWeather.
Pertes assurées estimées à 20 milliards
Le montant des pertes assurées pourrait s'élever à 20 milliards de dollars, ont estimé jeudi les analystes actions de JPMorgan. Ceux-ci avaient publié mercredi une estimation initiale à 10 milliards, mais l’ont doublée au vu de l’ampleur de la catastrophe. «Nous nous attendons à ce que la majorité des pertes soit liée à la couverture des propriétaires et à ce qu’un montant nettement moindre soit lié aux entreprises», indique le courtier dans une note.
Le consultant en immobilier CoreLogic estime que plus de 456.000 habitations, représentant une valeur de reconstruction de près de 300 milliards de dollars, sont exposées à un risque modéré ou élevé dans les zones métropolitaines de Los Angeles et de Riverside. Toutefois, ce chiffre représente les zones à risque en général et n’est pas lié à l’incendie en cours.
Le coût du sinistre dépasserait ainsi largement celui des incendies de 2018 dans le comté de Butte, toujours en Californie, qui avait occasionné environ 10 milliards de dollars de pertes chez les assureurs. Parmi les compagnies cotées en Bourse, Allstate, Travelers et Chubb pourraient être les plus exposées, estime JPMorgan. «Nous nous attendons à ce que les réassureurs subissent également des pertes importantes», ajoutent les analystes, mais dans des proportions moindres que les assureurs primaires, en raison de la réduction des couvertures pour ce type de risque.
A lire aussi: Morgan Stanley se retire de l'alliance des banques pour le climat
140 milliards de pertes en 2024
Le réassureur Munich Re a par ailleurs publié le 9 janvier ses estimations du coût global des catastrophes naturelles en 2024. Il les estime à 320 milliards de dollars, en hausse de 52 milliards de dollars sur un an, dont 140 milliards de dollars de pertes assurées (+34 milliards).
Les ouragans Helene et Milton aux Etats-Unis ont été les événements les plus coûteux l’an dernier selon le réassureur avec des dommages estimés à 56 et 38 milliards respectivement, dont 16 et 25 milliards de dollars de pertes assurées.
(Avec Reuters)
A lire aussi: Les catastrophes naturelles grignotent les réserves des assureurs
Plus d'articles du même thème
-
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Santiane a finalement trouvé preneur
Après plusieurs mois de prospection du marché pour trouver un acheteur prêt à prendre la suite de Latour Capital, Santiane signe avec Kereis, lui-même détenu par Advent International. -
L’Europe veut reprendre la main sur la question des droits de douane américains
Un accord a été trouvé sur une législation appliquant l’accord commercial signé avec les Etats-Unis, dans laquelle les Européens ont intégré des clauses destinées à limiter le pouvoir de nuisance américain.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
- Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
- La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contenu de nos partenaires
-
Photo instantanéePlus de 40 % des personnes vivant en France ont un lien avec l'immigration
Chez les moins de 25 ans, les descendants d’origine africaine sont majoritaires -
EditorialEmmanuel Moulin à la Banque de France : ouf, trois fois ouf
Emmanuel Moulin sera le prochain gouverneur de la Banque de France. Ouf trois fois ouf. D’abord parce que l’homme a le cursus professionnel parfait pour succéder à François Villeroy de Galhau, dont la stature n’a jamais fait débat. Le parcours d’Emmanuel Moulin dans les hautes sphères de l’Etat lui a ouvert les postes civils les plus huppés de l’administration : diriger les cabinets de Bercy, de Matignon puis le secrétariat général de l’Elysée vous plonge dans l’urgence et les défis permanents. Diriger le Trésor vous forme à la vision large sur les enjeux de la France et sur le financement de son économie. Carton plein, augmenté d’un passage dans l’univers de la finance privée. -
CastingNouveau gouverneur de la Banque de France : Macron enchaîne la passe de quatre
Après le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et le conseil d'Etat, la nomination d'un nouveau proche d'Emmanuel Macron à la Banque de France alimente le procès en verrouillage des institutions