L’horizon s’assombrit pour Co-op Bank
Co-op Bank n’a pas fini de manger son pain noir. Hier, la filiale bancaire du groupe mutualiste britannique, encore récemment considéré comme un challenger crédible dans la banque de détail, a publié une perte imposable de 709 millions de livres au cours du premier semestre 2013. Co-op Bank continue à payer cher l’acquisition malheureuse des 245 agences de Britannia Building Society en 2009, qui lui avait permis de tripler sa taille. La banque a dû passer une provision de 496 millions de livres afin de couvrir les créances douteuses de son portefeuille de prêts risqués hérité de ce rachat. Co-op a également inscrit des dépréciations de 148,4 millions suite à des problèmes informatiques et a mis de côté 61 millions pour rembourser ses clients victimes de différents scandales, notamment celui des assurances-emprunteurs, PPI.
Le durcissement des pertes, plus élevées que prévu, a conduit la filiale bancaire à réviser à la baisse son objectif de ratio de capital Tier 1 anticipé à 9% d’ici à la fin de l’année. Actuellement à 3,2%, ce ratio devrait finalement être relevé au moins au seuil réglementaire de 7% d’ici à fin 2013, selon le groupe. «Il n’y aura pas de remèdes rapides», a commenté Euan Sutherland, qui a pris la direction du groupe Co-op en mai dernier. Le directeur général a également signalé qu’il faudra quatre ans pour redresser la filiale bancaire et que la restructuration passera par des suppressions d’emplois.
Dans ce contexte difficile, Euan Sutherland a néanmoins réaffirmé l’importance de mener à bien le plan de refinancement annoncé le 17 juin dernier. Suite à l’identification par le gendarme financier britannique, la PRA, d’un trou de 1,5 milliard de livres dans le capital de la banque, Co-op avait présenté un plan passant par l’injection de 1 milliard de livres, provenant de la maison mère, et la conversion en capital de 500 millions de livres de dettes subordonnées et d’actions de préférence détenues par des investisseurs particuliers. Or, un groupe de détenteurs de dette s’est élevé contre ce plan de recapitalisation en demandant au régulateur d’alléger le poids qui leur incombe. «C’est le plan A et il n’y a pas de plan B», a répondu hier Niall Booker, directeur général de Co-op Bank, n’excluant pas une faillite du groupe bancaire en cas d’échec de la recapitalisation. De leur côté, les détenteurs d’obligations devront se prononcer sur ce plan de sauvetage au cours d’un vote courant novembre.
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