L’Etat néerlandais se fait à l’idée d’une moins-value sur ABN Amro

Les Pays-Bas demandent à la banque nationalisée en 2008 de se préparer à une cotation en Bourse, mais ils ont peu de chances de récupérer leur aide
Antoine Landrot

Acquise et démembrée par Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander en 2007, nationalisée par l’Etat néerlandais fin 2008 à la faveur de la crise financière, puis péniblement reconstruite, ABN Amro voit le bout du tunnel. Le gouvernement néerlandais a donné un horizon pour l’introduction en Bourse de l’établissement qui fut le fleuron de la finance batave.

Le gouvernement a déclaré vendredi qu’il comptait procéder à l’opération dans un délai d’un an au plus tôt. La direction d’ABN Amro, qui publiait ses comptes du premier semestre, a, à peu de chose près, confirmé l’échéance. «Si le Parlement est d’accord, la première fenêtre pour réaliser une introduction en Bourse se situerait au premier semestre 2015», a précisé Gerrit Zalm, directeur général de la banque.

Mais le gouvernement ne se berce pas d’illusions quant à la possibilité de réaliser une plus-value: il estime la valeur totale d’ABN Amro à une quinzaine de milliards d’euros, soit presque deux fois moins que ce que l’Etat a injecté pour sauver la banque de la faillite (28 milliards d’euros). «Les chances de la vendre en réalisant un bénéfice sont maigres. Nous déciderons dans un an si le moment est venu. Dans l’intervalle, nous demanderons à ABN Amro de se préparer à une cotation», a déclaré le Premier Ministre, Mark Rutte.

En attendant, la troisième banque du pays –astreinte par la Commission européenne à une cure d’amaigrissement draconienne en échange de l’aide publique reçue– souffre de la conjoncture déprimée de l’économie néerlandaise: puisqu’elle a été reconstituée à partir des activités d’ABN Amro Bank et de Fortis Bank aux Pays-Bas, la quasi-totalité de son activité provient de son marché intérieur. Au premier semestre, ce dernier a pesé 83% de son résultat opérationnel.

L’établissement a ainsi subi une hausse de 292 millions d’euros (ou 38%) des dépréciations de créances sur la période, à 766 millions. Cet élément a pesé sur son bénéfice net, qui a reculé de 2,7%, à 817 millions d’euros. Une baisse relativement modeste, car elle a été compensée par une reprise de provisions liées aux obligations souveraines grecques et à l’affaire Madoff. Hors éléments exceptionnels, les profits auraient chuté de 36%, à 510 millions. Gerrit Zalm a annoncé que les dépréciations passées en 2013 seront supérieures à celles que la banque a enregistrées en 2012.

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