L’Etat belge et Ageas sortent à bon compte de la «bad bank» de l’ex-Fortis
En mai 2009, Royal Park Investments (RPI) prenait forme. Ce véhicule ad hoc (special purpose vehicle ou SPV) a été financé par l’Etat belge (via SFPI/FPIM pour 740 millions d’euros), Fortis Holding (désormais Ageas, pour 760 millions d’euros) et BNP Paribas (pour 200 millions d’euros). Sa mission : abriter et gérer un portefeuille de crédits structurés hérités de Fortis Banque, essentiellement des titres adossés à du crédit subprime américain.
Alors que les actionnaires ont contribué initialement à hauteur de 1,7 milliard d’euros, l'évolution du SPV a permis porter la valeur nette de leur participation à 2,3 milliards d’euros, selon les chiffres du premier trimestre. C’est donc à des conditions favorables qu’ils ont annoncé ce week-end la cession de RPI à Credit Suisse et Lone Star Funds pour un total de 6,7 milliards d’euros. Après remboursement de la dette, l’opération se traduira pour Ageas par un versement en numéraire de 1,04 milliard d’euros, tandis que l’Etat belge recevra 1 milliard d’euros.
Une transaction bienvenue pour le gouvernement qui doit faire face à un trajectoire budgétaire plus difficile que prévu. Le déficit s’est creusé en 2012 pour atteindre 3,9% du PIB contre 3,7% un an plus tôt, a indiqué en mars la Banque de Belgique. La dette en proportion du PIB est passée pour sa part de 97,8% en 2011 à 99,6% l’an dernier. La cession conclue avec Credit Suisse et Lone Star devrait se traduire par une réduction de la dette de plus de 20 points de base, a précisé le ministère des Finances.
Par ailleurs, Ageas a décidé de revendre pour 144 millions d’euros à l’Etat belge l’option d’achat sur actions BNP Paribas acquises par la SFPI. Le groupe bénéficiait de cette option jusqu’en octobre 2016 en contrepartie des actions de Fortis Banque apportées à l'établissement français. La Belgique est désormais libre de céder sa participation de 10% dans BNP Paribas sans avoir à se soucier de cette option, bien qu’elle n’entende pas le faire prochainement, a résumé le ministre des Finances Koen Geens.
Comme l’assureur l’avait promis, Ageas distribuera à ses actionnaires le produit de la monétisation de cette option d’achat. Alors qu’il s'élève à 0,64 euro par action sur la base de ces 144 millions d’euros, le groupe profite des deux opérations pour porter le dividende exceptionnel à 1 euro par action.
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