Les valeurs bancaires françaises ont abordé le deuxième trimestre avec peine
Les banques françaises font grise mine en Bourse. Sur fond de craintes liées à l’Espagne et d’une réduction d’objectifs par Citigroup, elles ont vécu lundi une séance mouvementée. Sur une pente savonneuse depuis un mois, ces valeurs côtoient désormais leurs points bas de l’année. L’action BNP Paribas (-4,61% à 29 euros hier), qui avait touché le 9 janvier dernier 27,89 euros, affiche depuis le début de l’année une baisse de 4,45%. Quant au titre Société Générale (-3,99% à 17,09 euros hier), il est passé en territoire négatif avec un recul de 0,64% depuis début janvier.
La situation est encore plus douloureuse pour Crédit Agricole (-4,81% à 3,71 euros), dont l’action s’inscrit en baisse de 14,7% sur la même période. La banque verte a enfoncé la marque de 3,98 euros inscrite en clôture le 23 novembre dernier. Seule Natixis (-4,43% à 2,28 euros) limite la casse; l’action présente un gain de 17,54% depuis le début de l’année. Maigre consolation pour les banques françaises, elles connaissent une trajectoire semblable au secteur européen, l’indice DJ Euro Stoxx Bank déclinant de 9,32% depuis début 2012.
Outre les inquiétudes relatives à la situation en zone euro, les banques hexagonales font face à l’incertitude entourant l'élection présidentielle. Société Générale et BNP Paribas publient leurs résultats du premier trimestre les deux derniers jours ouvrés précédant le deuxième tour, soit respectivement les 3 et 4 mai, tandis que Natixis suivra le 9 mai et Crédit Agricole le 11.
Selon la recherche d’Exane, les investisseurs jouent la montre avant de se positionner fermement sur les banques françaises. Une victoire de François Hollande, qu’elle juge probable, aurait les effets suivants : un relèvement de la taxation des banques - estimé entre 2 et 6% en moyenne, avec un impact plus marqué pour Crédit Agricole qui réalise l’essentiel de ses bénéfices dans l’Hexagone - et un accroissement de la rémunération du taux du Livret A. Le bureau estime par ailleurs à environ 5% la baisse des revenus de marchés de capitaux, François Hollande plaidant pour l’interdiction du trading pour compte propre. Sur une note plus rassurante, Exane estime toutefois à ce stade que le candidat socialiste «pourrait réaliser qu’un ring-fencing total conduirait les banques à réduire encore davantage leur levier, avec des conséquences négatives pour l'économie».
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