Les tests de résistance consacrent la solidité du Crédit Mutuel en France
C’est un quasi sans-faute pour les banques françaises. Sur les 13 établissements ayant subi l’examen de leur bilan à fin 2013, puis le test de résistance administré sur cette base par la BCE et l’Autorité bancaire européenne, un seul a échoué: la Caisse de refinancement de l’habitat (CRH), organisme de place détenu par les prêteurs immobiliers. Un ratage sans conséquences. Pénalisée au 1er janvier 2014 par les nouvelles règles de solvabilité, la CRH a procédé dès juin à une augmentation de capital de 250 millions d’euros, deux fois supérieure au besoin identifié dimanche par les «stress tests».
Tous les autres – les grands réseaux, la chambre de compensation LCH.Clearnet, Bpifrance et la Société de financement local (Sfil), et les captives Banque PSA Finance et RCI Banque – ont donc réussi à afficher un ratio de solvabilité common equity tier one (CET1) supérieur à 5,5% à fin 2016 dans le scénario adverse des tests. En agrégé, le ratio passerait de 11,49% à fin 2013 à 9,0% dans trois ans. L’impact du stress test, de 231 points de base de CET1, s’explique notamment par la hausse des provisions (310 pb de ratio) lié à une dégradation de l’activité, en particulier sur les prêts aux entreprises.
Les ajustements apportés au bilan des banques françaises (provisions, risque de crédit sur les marchés...) dans le cadre de l’AQR atteignent pour leur part 5,6 milliards d’euros. En ratio de fonds propres (0,18 point), il s’agit de la correction la plus faible après l’Espagne, où les banques avaient déjà subi ce traitement en 2012. «Il y a là un signe fort sur le sérieux de nos banques, de leurs commissaires aux comptes et des services de l’ACPR», la tutelle du secteur, s’est réjoui hier Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Les ajustements seront intégrés dans les comptes (-30 millions de résultat avant impôt chez SG, par exemple).
Les résultats agrégés n’en masquent pas moins de grandes disparités. A 12,91%, le Crédit Mutuel remporte la palme du meilleur élève chez les grands réseaux. Il devance largement la Banque Postale (9,14%), le groupe Crédit Agricole (8,83%), la Société Générale (8,15%) et enfin BNP Paribas (8,07%). En queue de peloton se trouvent HSBC France (6,6%), qui perdrait 6 points de ratio à cause du stress test, et BPCE (7,00%). Bien capitalisée (24,3% de ratio CET1 à fin 2013), la Sfil est la plus touchée par les ajustements liés à l’AQR (-0,97 point) et par le test (-10,14 point).
Plus d'articles du même thème
-
ArcelorMittal renonce à redémarrer sa production en Ukraine
Le sidérurgiste luxembourgeois passera une dépréciation d’actifs d’un milliard de dollars sur son usine de Kryvyï Rih, touchée à plusieurs reprises par des frappes russes. -
Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Les deux banques envisageraient une offre conjointe sur Banco BPM qui est déjà détenu à près de 30% par le Crédit Agricole et fait l’objet d’un projet de reprise par sa compatriote Monte dei Paschi. -
TotalEnergies mise sur la continuité de sa gouvernance jusqu’en 2030
Le duo formé du PDG, Patrick Pouyanné, et de l’administrateur référent, Jacques Aschenbroich, sera reconduit lors de l’assemblée générale du pétrolier en mai 2027.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Vie communeSénatoriales : vers une cohabitation RN-UDR ?
Le RN espère enfin constituer un groupe au Sénat dimanche, grâce à l’appui de l’UDR d’Eric Ciotti. Reste à organiser la vie commune de deux formations dont le rapport de force pourrait être, pour la première fois, à l’équilibre -
Tribune libreOxfam contre le pacte Dutreil, un maximum de contresens
Si l’on se compare aux Pays-Bas, il nous manque 160 milliards d’euros par an à cause du sous-développement de la capitalisation retraite. C’est 8 fois plus que les droits de succession et 40 fois plus que le manque-à-gagner que représenterait le Pacte Dutreil, si tant est que le chiffrage d’Oxfam ait un sens économique -
Le groupe familial Arnault veut simplifier son contrôle sur LVMH
Plusieurs opérations de fusion-absorption des structures capitalistiques en amont du groupe de luxe vont être mises en œuvre d'ici à début 2027.