Les survaleurs pourraient dominer les résultats 2012 des banques européennes
Le 21 janvier, l’ESMA a menacé de représailles les entreprises cotées qui n’auraient pas inscrit correctement dans leurs comptes annuels les dépréciations de survaleurs auxquelles elles sont contraintes par les règles comptables. L’autorité européenne des marchés financiers visait notamment les sociétés des secteurs financiers, à qui près de la moitié des goodwills sont imputables.
Il faut croire que les banques européennes commencent à jouer le jeu. Certaines se sont lancées dans une opération-vérité ces derniers jours, aux conséquences radicales à court terme. Ainsi, Crédit Agricole SA (CASA), Deutsche Bank et BBVA ont annoncé (ou pré-annoncé, dans le cas de la première) des pertes abyssales au quatrième trimestre en raison de dépréciations: celles-ci représentent 2,7 milliards d’euros pour CASA, 1,9 milliard pour l’établissement allemand et un milliard pour l’espagnol. La Société Générale devrait pour sa part annoncer une dépréciation sur Newedge, sa joint-venture avec CASA.
Assistera-t-on à un mouvement généralisé en Europe dans les comptes 2012 ? Le montant total des survaleurs inscrites au bilan des 38 banques suivies par les analystes d’Alphavalue atteignait 171 milliards d’euros au 31 décembre 2011, soit une moyenne de 16% par rapport à leurs capitaux propres (hors intérêts minoritaires).
Les banques présentant le ratio le plus élevé étaient CASA (44%, à 17 milliards d’euros) et l’espagnole Santander (33%). Le reste des banques françaises se situe dans la moyenne: BNP Paribas à 17%, Natixis à 16% et la Société Générale à 15%. La banque italienne MPS, qui avait déjà déprécié ses survaleurs de 4,25 milliards d’euros en 2011 et dont les difficultés font l’actualité depuis mi-janvier, se situait à 25% et Deutsche Bank à 21% avant ses annonces.
«Le risque qui pèse sur les survaleurs est relatif au moment du cycle économique auquel les acquisitions ont été faites. Les dépréciations de CASA ne représentent que 15% de son stock et trois actifs pourraient nécessiter de nouveaux ajustements: l’Italie (Cariparma et Agos Ducato), le crédit à la consommation, voire la banque d’investissement CA CIB», explique Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.
A l’opposé, pour BNP Paribas, la nécessité de déprécier les survaleurs sur l’italien BNL devraient être inférieures, compte tenu de sa date d’acquisition (2006). Celle du belge Fortis en 2008 a même occasionné un badwill.
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