Les sociétés d’assurance veulent relancer les contrats dépendance
La Fédération française des sociétés d’assurances a créé un label, qui peine à séduire les mutuelles et les associations de consommateurs
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Antoine Landrot
Alors qu’une loi sur le vieillissement est prévue pour la fin de l’année, la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) a lancé hier le label GAD – Assurance dépendance.
«Nous avons écouté nos clients et participé à de nombreux travaux sur la dépendance; nous sommes parvenus à la conclusion que nous pouvions nous améliorer», explique Stéphane Dedeyan, président de la commission des assurances de personnes à la FFSA. A l’instar du label GAV (Garantie des accidents de la vie) lancé en 2000, le but de la GAD est de servir de socle minimal commun aux contrats d’assurance dépendance.
«L’objectif du label est d’offrir des garanties plus compréhensibles, une sécurité maximale et de permettre un accès le plus large possible, en particulier à l’entourage des assurés», précise Stéphane Dedeyan. Un glossaire a été élaboré afin de faciliter la comparaison des contrats.
Pour bénéficier de la GAD, ceux-ci doivent couvrir au minimum la dépendance lourde. Aucun examen médical ne doit être exigé avant 50 ans et les contrats pourront être souscrits jusqu’à au moins 70 ans. Les contrats devront offrir une rente viagère minimale de 500 euros par mois en cas de dépendance lourde et bénéficier de clauses de revalorisation. Le label sera décerné par Seddita, une émanation de la FFSA.
La fédération entend développer le marché de l’assurance dépendance, encore modeste malgré son ancienneté. La GAD sera d’ailleurs ouverte aux autres familles d’assureurs. Mais sa généralisation n’est pas gagnée d’avance: approchés, les organismes représentatifs des mutuelles (le Gema et la FNMF) n’ont pas donné suite. Leurs membres sont toutefois libres de solliciter le label.
«Le Gema a toujours été prudent sur la labellisation de produits: ce type de démarche est du domaine des sociétés, indique à L’Agefi Jean-Luc de Boissieu, son secrétaire général. En outre, nous attendons d’y voir plus clair sur les intentions des pouvoirs publics.» Un assureur mutualiste reproche au label son caractère «purement monétaire». «Un label digne de ce nom ne peut être muet sur les services», confie-t-il.
Les associations de consommateurs ont également réagi. L’UFC – Que Choisir presse les pouvoirs publics d’instaurer un «bouclier dépendance»: «la nature ayant horreur du vide, les assureurs ont concocté, sans concertation avec les consommateurs, un label facultatif, incomplet et sans ambition».
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