Les sénateurs veulent élargir les pouvoirs de l’AMF dans la loi bancaire
Les sénateurs vont étudier ce soir en commission le projet de réforme bancaire. Les premiers amendements déposés hier, visent à clarifier ou élargir les pouvoirs des régulateurs, notamment ceux de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Comme il l’avait déjà annoncé, le rapporteur du projet de loi, Richard Yung, veut faire en sorte que le ministre de l'économie puisse limiter la part de l’activité de tenue de marché qui ne sera pas cantonnée banque par banque, et non pas en fixant un seuil général au secteur. L’élu a aussi proposé de préciser que la procédure de résolution soit «réservée aux cas où seules de telles mesures pourraient éviter une défaillance de l'établissement».
Enfin, il suggère que le collège de résolution de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) s’ouvre à un «ancien professionnel reconnu, capable d’apporter une vision de praticien». Le rapporteur a expliqué à L’Agefi qu’il se contentera de soulever lors du débat public (qui commence le 20 mars) la question de la participation des créanciers seniors à la résolution. Il n’ira pas plus loin faute de soutien de Bercy.
Les amendements déposés hier veulent aussi augmenter les pouvoirs de l’AMF. Les personnes ayant simplement tenté de diffuser de fausses informations ou de manipuler des cours seraient passibles de sanctions administratives. La manipulation d’indice comme l’Euribor pourrait être punie (administrativement et pénalement). Un amendement étend la surveillance et la sanction des abus de marchés à toutes les plates-formes alternatives. L’AMF pourrait aussi avoir le droit d’enquêter sur les marchés de matières premières. De même elle serait autorisée à suspendre les souscriptions-rachats des organismes de placements collectifs (Sivac, FCP, etc.) pour éviter qu’en cas de baisse brutale de la valeur ou de perte de liquidité des fonds, certains épargnants restent bloqués. Enfin, le règlement de l’AMF pourrait prévoir que les opérateurs de marché aient des mécanismes destinés à traiter des volumes élevés d’ordres, une structure tarifaire qui décourage l’annulation des ordres, ainsi que des coupe-circuits. Des amendements «verts» souhaitent encadrer plus largement le trading à haute fréquence.
Des sénateurs doivent encore proposer de moduler les commissions d’intervention. Le gouvernement déposera par ailleurs un amendement pour créer l’agence de financement des collectivités locales, défendue par les élus.
Plus d'articles du même thème
-
Les provisions de Nubank font passer la hausse de son bénéfice au second plan
La néobanque brésilienne, une des plus importantes du monde en termes de revenus, a publié des résultats inférieurs aux prévisions des analystes à cause d’une augmentation du montant de ses provisions. -
Grape Hospitality se refinance pour rénover son parc hôtelier
Cette opération d'un montant total de 481 millions d'euros permettra notamment au groupe hôtelier de rénover son parc hôtelier mais également de réaliser des investissements d'immobilisations liés à la RSE. -
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin. -
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers