Les salariés de banque disent souffrir de leurs conditions de travail
Le Syndicat national de la banque (SNB)/CFE-CGC tire la sonnette d’alarme sur les conditions de travail des salariés du secteur. Pour la deuxième fois depuis 2011, l’organisation syndicale a mené une enquête sur les risques psychosociaux (RPS) auprès de 5.739 adhérents, exerçant en majorité (65,4 %) en front-office, en contact direct avec les clients dans un réseau commercial.
«La situation reste dégradée, constatent Régis Dos Santos, président du SNB/CFE-CGC, et Xénophon Vaxevanoglou, maître de conférence à l’université de Lille 2 et psychologue du travail, qui a piloté l’enquête. Les personnes du front-office et celles qui occupent une fonction d’encadrement se portent particulièrement mal, signe que les réorganisations ont déjà eu lieu pour elles alors qu’elles sont en cours dans les back-office». Ainsi, en front-office, près de 80% des sondés affirment qu’on leur demande «une quantité excessive de travail» et 70,5% n’ont pas «le temps nécessaire pour le faire correctement». Un rythme guidé, selon 81% d’entre eux, par «les procédures et normes de production».
Autre difficulté: l’absence d’autonomie dans le travail, même pour ceux qui encadrent. Ainsi, près de 60% des encadrants ne peuvent ni choisir, ni modifier leurs méthodes de travail. «Le management n’est pas là pour ses compétences, mais pour sa capacité à exécuter des décisions et à réaliser du reporting», indique Xénophon Vaxevanoglou. «On note d’ailleurs un phénomène nouveau, poursuit Régis Dos Santos. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes conseillers refusent d’être promus directeurs d’agence car ils ne souhaitent pas gérer d’équipes. Ils préfèrent s’orienter vers de la gestion patrimoniale par exemple».
Par ailleurs, alors que les effectifs sont en baisse depuis deux ans selon l’AFB et que certaines banques commencent à fermer des agences, le sentiment d’insécurité concernant l’emploi s’accroît: il concerne désormais 28,9% des sondés, contre 23,1% lors de l’enquête de 2011. Un signal positif apparaît néanmoins: les salariés sont plus nombreux à pouvoir compter sur le soutien de leurs collègues (72,2%, contre 68,3% en 2011) et de leur hiérarchie (49,9%, contre 44,4%). «Il y a de l’entraide mais il s’agit d’un mécanisme d’autodéfense dans une organisation du travail qui est structurellement génératrice de RPS», souligne Xénophon Vaxevanoglou.
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