Les risques pesant sur la croissance poussent la Chine à baisser le taux de réserves obligatoires
Alors que selon des propos tenus hier par le vice-président Xi Jinping, la Chine a fixé pour 2012 un objectif de croissance économique inférieur au taux de 8% des années précédentes, le pays entend renverser la vapeur. La Banque Populaire de Chine (PBOC) a fait part samedi de l’abaissement, à compter du 24 février, du taux de réserves obligatoires des banques à hauteur de 50 points de base.
Cela devrait ramener ce taux pour les principaux établissements à 20,5% et porter la capacité d’injection de liquidité de ces derniers à environ 400 milliards de yuans (48 milliards d’euros), selon les calculs de HSBC. La précédente mesure de ce type remontait au 30 novembre dernier, mettant fin à une série de six relèvements en 2011. Début février, la banque centrale avait dévoilé une opération de refinancement à un mois de 26 milliards de yuans (3,15 milliards d’euros), poussant certains observateurs à parier sur le report d’une baisse du taux de réserves obligatoires. Selon UBS, c’est l'étroitesse de la liquidité interbancaire qui a pu pousser les membres de la PBOC à officialiser cette mesure.
«Les responsables politiques chinois s’inquiètent fortement d’un éventuel ralentissement plus profond de la croissance domestique», explique Yao Wei, économiste chez Société Générale. Cette décision reflète le sentiment que les risques baissiers ont pris le dessus en Chine. Les données sur l'évolution du crédit en janvier ont davantage marqué les esprits que le rebond inattendu de l’inflation, à 4,5% en janvier, dû à la hausse des prix alimentaires. Les flux commerciaux - importations et exportations - ont par ailleurs reculé pour la première fois depuis deux ans le mois dernier.
«La pression s’exerce aussi bien en termes de modération de la croissance que de montée des prix», souligne dans un communiqué publié hier Jin Qi, assistant du gouverneur de la PBOC. «La tonalité générale de la politique monétaire restera prudente», ajoute-t-il. L’abaissement du taux de réserves obligatoires a été annoncé le jour de la publication des statistiques relatives aux prix de l’immobilier résidentiel. Ceux-ci se sont repliés dans 47 des 70 villes examinées dans le cadre du rapport, alors que le statu quo a été observé dans les 23 villes restantes.
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