Les revenus du CIC dans la banque de détail restent sous pression
Déjà observée lors des trimestres précédents, la contraction des revenus du CIC dans la banque de détail en France se poursuit. La filiale du Crédit Mutuel, qui a discrètement publié hier ses chiffres au 30 septembre sur son site internet, accuse une baisse de 6,6% sur un an de son produit net bancaire (PNB) dans ses activités de retail au troisième trimestre, à 735 millions d’euros. Au 30 juin, le recul annuel était déjà de 6,4%.
L’arrêt du moteur de la banque de détail en France est perceptible chez tous les établissements de crédit, à des degrés divers toutefois, le réseau des Caisses d’Epargne ayant par exemple publié hier une progression de 2,1% de son PNB alors que celui de l’enseigne Banque Populaire reculait de 3,9%. Ces chiffres sanctionnent notamment une baisse des commissions d’épargne financière, mais aussi le rééquilibrage à marche forcée des bilans des banques dans la perspective de l’entrée en vigueur des règles de liquidité sous Bâle 3. Le Crédit Mutuel CIC, qui a largement bâti son développement sur le crédit immobilier durant la décennie écoulée, a enclenché ce rééquilibrage il y a déjà deux ans.
Au troisième trimestre, le Crédit industriel et commercial affiche ainsi une hausse de 1,5% seulement de son encours de crédit – la progression était encore de 2,1% sur un an au 30 juin, signe du net ralentissement de la production. Les dépôts, eux, bondissent de 10,9% sur un an, et même de 14,7% pour l’épargne bancaire. Le ratio de crédit sur dépôts du réseau bancaire est ainsi revenu à 124,4 % au 30 septembre, contre 124,9% fin juin et près de 136% il y a un an.
L’ensemble du groupe a dégagé un PNB de 1,04 milliard d’euros sur le trimestre, en hausse de 56% sur un an. Parmi les variations notables, les activités de marché, en perte un an plus tôt, sont revenues dans le vert. La banque privée connaît aussi une forte croissance de ses revenus, de 50% au troisième trimestre et de 17% sur les neuf premiers mois de l’année.
Le coût du risque, en revanche, progresse vite. En excluant les effets liés à la restructuration de la dette grecque, il est en hausse de 65% sur un an en cumul à fin septembre. Le CIC et sa clientèle d’entreprises semblent ainsi accuser le coup de la probable entrée en récession de l’économie française et de la zone euro.
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