Les résultats des banques françaises seront déformés par les exceptionnels
Le marché est prévenu. Après les avertissements, formels ou non, des dernières semaines, «deux banques, la Société Générale et Crédit Agricole SA, vont annoncer des pertes au quatrième trimestre dues à des dépréciations de survaleurs, mais toutes les banques (françaises, ndlr) seront affectées par des charges exceptionnelles», affirment les analystes de CA Cheuvreux. Pour la Société Générale, qui publie ses résultats demain, les avis divergent : CM-CIC Securities anticipe un résultat légèrement positif au quatrième trimestre malgré une dépréciation de survaleur sur Newdege (coentreprise de courtage avec CASA) et la réévaluation de la dette propre du groupe.
Chez CASA, après 2,5 milliards d’euros de pertes à fin septembre 2012, les comptes du dernier trimestre seront amputés de 3,8 milliards de charges exceptionnelles. Le véhicule coté du Crédit Agricole a notamment déprécié ses activités de crédit à la consommation, de banque de détail à l’international, de BFI, et Newedge. Le consensus Bloomberg prévoyait hier une perte annuelle de 553 millions d’euros malgré les craintes de pertes historiques, car tous les analystes n’avaient pas encore révisé leur jugement après les récentes annonces. Ceux qui l’ont fait anticipent jusqu'à 5,6 milliards d’euros de pertes.
Parmi les banques cotées, BNP Paribas devrait une fois de plus s’imposer avec un résultat net 2012 de 6,6 milliards d’euros et un rendement des fonds propres de 9,26%, selon le consensus Bloomberg. Les analystes anticipent un bénéfice annuel de 1,9 milliard d’euros pour Société Générale et 896 millions chez Natixis.
Après la réduction de voilure initiée en BFI fin 2011, tous (sauf Natixis, non concerné) ont fait des arbitrages en banque de détail à l’international, en sortant de Grèce ou d’Egypte. Restent plusieurs défis, comme le redressement en Russie et en Roumanie pour la Société Générale. En France, malgré l’érosion des revenus en banque de détail, «seules BNP Paribas et Société Générale sont à même d’annoncer une baisse des coûts en 2012 (de 1,2% et 1,3% respectivement)», selon CA Cheuvreux.
Dans les réseaux et les financements spécialisés, le coût du risque (provisions pour impayés) sera aussi regardé de près par les analystes. Enfin les banques sont attendues sur leurs fonds propres et leur liquidité, surtout CASA qui a «la plus faible solvabilité des banques françaises et l’une des plus basses d’Europe sous Bâle 3», pointe Exane.
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