Les résultats des assureurs seront regardés à la loupe
Un gros point d’interrogation plane au-dessus de l’assurance. Les annonces préliminaires et les anticipations des analystes montrent que le secteur est fortement exposé aux turbulences financières, qui avaient dans un premier temps affecté les banques. Au-delà d’Aegon, les résultats attendus en 2008 sont peu réjouissants.
Le néerlandais Eureko a annoncé lundi qu’il serait recapitalisé à hauteur du milliard d’euros par ses actionnaires. Si Legal & General a rassuré le marché hier en affichant un niveau de capital excédentaire supérieur à 1,6 milliard de livres, il a néanmoins l’intention de doubler ses réserves pour défaut de crédit à 1,2 milliard. Concernant les comptes 2008, la plupart des professionnels anticipent de fortes baisses de bénéfices, voire des pertes. Concernant Axa, qui publiera ses résultats jeudi, le consensus d’analystes établi par l’AFP anticipe une baisse de son bénéfice de près de 90% (à 600 millions d’euros), tandis que celui de Bloomberg est encore plus pessimiste (493 millions).
Il n’en reste pas moins que, selon les professionnels, les résultats et l’impact de la crise sont plus difficiles à prévoir dans l’assurance que dans la banque. La faute aux règles comptables IFRS sur les valorisations des portefeuilles d’actifs des assureurs. «Les compagnies vont devoir passer des dépréciations sur les moins-values au 31 décembre, alors qu’une partie a déjà été constatée dans les fonds propres. Cela relativise la signification du résultat net», estime Danny Jacques, analyste chez Raymond James.
Un exercice d’autant plus difficile que certaines compagnies (dont Axa) ne publient pas de comptes trimestriels. «Nous sommes prudents sur le secteur même si les valeurs sont bon marché, car nous avons des doutes sur la qualité des chiffres» indique un analyste. C’est pourquoi d’autres critères sont privilégiés, comme le résultant courant avant plus ou moins-values (underlying result), ou le résultat courant ajusté (adjusted result), qui exclut les gains ou pertes sur actifs financiers.
L’exercice 2009 recèle bien des interrogations. Les professionnels sont hésitants. Si les comptes 2008 sont marqués par des éléments exceptionnels, les turbulences de marché auront un impact en année pleine. Or, notent certains analystes, l’assurance vie avait bénéficié d’un bon premier semestre 2008.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Séjourner à la croisée des chemins en Corse
Des aiguilles de Bavella au Sud, au Cap Corse, à la pointe Nord de l’Ile de Beauté, voici cinq bons plans pour séjourner dans des hôtels d’exception qui vous invitent à parcourir les sentiers emblématiques ou confidentiels qui les entourent. -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle -
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement