Les réassureurs sereins face à la crise des dettes souveraines en Europe
La crise des dettes souveraines était au centre des discussions de bon nombre de réassureurs, réunis pendant trois jours à Monte-Carlo dans le cadre des «Rendez-vous de Septembre». De prime abord, l’enjeu est loin d’être anodin. A l’instar des assureurs, leur portefeuille d’actifs est en effet constitué, pour une large part, d’obligations d’Etats européens. Interrogé sur l’impact de cette crise sur les compagnies, Jean-Philippe Thierry, président de l’association des «Rendez-vous de Septembre» et, surtout, vice-président de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), a joué la carte de l’extrême prudence. «Une analyste complète et détaillée doit être faite, s’est-il contenté de déclarer. Mais la solvabilité est bonne quand on regarde les bilans des compagnies.»
De fait, les professionnels ne manifestent guère d’inquiétudes sur le sujet, affichant même une certaine sérénité. Dans un rapport publié dimanche, Fitch Ratings s’est d’ailleurs montrée rassurante, estimant que «l’exposition des réassureurs européens aux pays périphériques de la zone euro est gérable». En raison de leur politique de gestion des risques, les principales compagnies européennes ont déjà réduit leurs expositions. Swiss Re a ainsi rappelé ne plus détenir d’obligations grecques depuis un an, tandis que Hannover Re a soldé son portefeuille au deuxième trimestre.
«Nous ne sommes pas exposés à la crise de la dette de certains pays européens, a pour sa part indiqué Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C, la filiale non-vie du réassureur français. Dés 2008, nous nous sommes désengagés tant les risques d’une crise profonde et prolongée nous paraissaient réels et sérieux.» Tous les réassureurs n’ont pas initié un désinvestissement aussi drastique. Mais leur exposition aux pays périphériques s’avère limitée. Au 30 juin, elle s’élevait à 78 millions de dollars pour Swiss Re et à 254 millions d’euros pour Hannover Re.
En revanche, Victor Peignet se montre préoccupé par l’évolution des marchés financiers, source de potentielles dépréciations d’actifs qui viendraient obérer la rentabilité des acteurs. «Il y a une forte probabilité que la crise financière prenne le pas sur les catastrophes naturelles et devienne le catalyseur du retour au premier plan de l’exigence de rentabilité technique», a-t-il indiqué. On comprend mieux alors l’optimisme affiché par certains à l’heure de négocier les tarifs pour 2012.
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