Les réassureurs ont résisté à une année 2011 de tous les dangers
L’exercice 2011 n’a pas eu le même goût pour l’ensemble des réassureurs. Mais les principaux acteurs se sont dans l’ensemble bien sortis d’une année agitée sur les marchés et particulièrement lourde en catastrophes naturelles: inondations en Australie, séisme en Nouvelle-Zélande et tsunami entraînant la catastrophe nucléaire de Fukushima, tornades aux Etats-Unis et inondations en Thaïlande.
La facture totale des catastrophes s’élève à 105 milliards de dollars. Elle a repoussé les ratios combinés des réassureurs au-delà de la barre des 100% (signifiant que les coûts et les sinistres dépassent les primes perçues): 104,5% pour Scor, 104,3% pour Hannover Re, 101,6% pour Swiss Re et 113,6% pour les activités de réassurance de Munich Ré.
Les événements naturels ont coûté 636 millions d’euros à Scor – montant record. Pourtant, le groupe français a relativement bien encaissé ce choc: son résultat net a reculé de 21% (à 330 millions), une baisse inférieure aux anticipations des analystes (-35%). Scor a notamment profité de l’intégration de Transamerica Re, qui apporte une diversification salutaire en vie.
Hannover Re a affiché les mêmes tendances: un résultat net en baisse (-19% à 606 millions d’euros) en raison d’une charge climatique de 981 millions, mais largement au-dessus de son objectif initial. N’étant pas exposé à la dette souveraine grecque, la société allemande a enregistré de solides revenus d’investissements. Swiss Re s’est pour sa part permis le luxe de tripler son bénéfice (à 2,6 milliards de dollars), malgré le coût astronomique des catastrophes (3,5 milliards). Bénéficiant certes d’éléments exceptionnels, le deuxième réassureur mondial a profité d’une activité soutenue en dommages (+8%).
Le seul à avoir réellement souffert est Munich Re. Le leader du secteur a subi une hémorragie de ses bénéfices (-71% à 712 millions d’euros), car il a subi à la fois la crise grecque (1,2 milliard de dépréciation) et les catastrophes naturelles (4,5 milliards).
Malgré tout, les réassureurs se rejoignent dans leur optimisme raisonné pour 2012: certains font valoir la perspective d’une hausse des primes lors des renouvellements de contrats (+20% pour Swiss Re en début d’année), d’autres une demande soutenue par la modification des modèles de catastrophes naturelles en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que les exigences de fonds propres réglementaires que Solvabilité 2 impose aux assureurs.
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