Les prêts non performants gâchent les perspectives des banques chinoises
La facture des banques chinoises risque de s’alourdir. ICBC, premier établissement du pays en termes d’actifs, a clôturé le bal des publications sur un bénéfice net en hausse de 12,5% au premier semestre à 123,16 milliards de yuans, après une hausse de 29% un an plus tôt. Mais ce sont les prêts non performants (NPL) qui concentrent toutes les inquiétudes. En surface, tout va bien puisqu’ICBC a vu son ratio de NPL baisser de 0,94% à 0,89% sur six mois, alors que le ratio officiel global reste circonscrit à 0,9%.
Cependant, Wei Yao, stratégiste à la Société Générale, estime que le risque de crédit est plus inquiétant que ne le suggèrent les chiffres officiels fournis par Pékin qui peut contraindre les banques à extraire certains prêts du ratio et contrôler le montant des prêts octroyés. Les prêts «litigieux» d’ICBC, non comptabilisés dans le ratio, ont ainsi enregistré une hausse de 7% à 62,05 milliards de yuans.
Moody’s alertait d’ailleurs jeudi sur la détérioration de la qualité des actifs et le ralentissement de la croissance de la rentabilité des banques chinoises, un signe négatif pour leur qualité de crédit. «Nous voyons le resserrement durable des conditions de crédit dans le secteur immobilier ainsi que le ralentissement des revenus immobiliers des gouvernements locaux comme des facteurs qui vont encore davantage entamer la qualité des actifs des banques, et cette tendance à la détérioration ne fait que commencer» explique l’agence.
Les NPL des banques chinoises ont progressé de 18,2 milliards de yuans sur le trimestre achevé fin juin à 456,4 milliards. Et les banques rurales, très exposées aux défaillances des PME locales, sont les plus touchées. «Les gouvernements locaux ont injecté des millions en capitaux dans les entreprises au bord de la faillite» explique Wei Yao qui constate une explosion des défauts des sociétés chinoises cet été. A Wenzhou, temple du «shadow banking», le ratio est passé de 0,37% à 2,85% fin juillet.
Une stratégie qui pourrait être très coûteuse pour l’Etat chinois. En 2011, la dette cumulée des gouvernements locaux a déjà atteint un montant record de 10.700 milliards de yuans. «Il est difficile de voir comment le ratio de NPL peut rester à ses niveaux actuels», ajoute Wei Yao. Sans compter que «de nombreuses industries ont des excès massifs de capacité après des années d’expansion agressive qui ont précédé la croissance de la demande».
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