Les premiers signes de redressement encouragent Commerzbank à accentuer ses efforts
Commerzbank confirme son redressement. En se focalisant sur ses activités de banque de détail et en diminuant ses créances douteuses et irrécouvrables, la deuxième banque allemande a annoncé hier avoir plus que doublé ses bénéfices au deuxième trimestre. D’avril à juin, Commerzbank a dégagé un bénéfice net de 100 millions d’euros contre 40 millions un an auparavant. Le bénéfice opérationnel a, quant à lui, été multiplié par plus de trois à 257 millions d’euros, tandis que le produit net bancaire a reculé de 3% à 2,24 milliards d’euros.
D’après Ingo Frommen, analyste chez LBBW, «la grande peur d’il y a un an est oubliée. A cette époque, la situation aurait été grave pour Commerzbank s’il y avait eu un choc extérieur mais, à présent, elle s’est restructurée et cette épée de Damoclès, c’est du passé.» La réduction rapide du portefeuille d’actifs douteux de l'établissement, remisés dans une structure de défaisance, doit faciliter le redressement de la deuxième banque allemande, laquelle avait dû faire appel à l’Etat pour surnager. La bad bank regroupe des investissements issus d’une tentative d’expansion qui avait tourné court et obligé l’Etat à injecter 18 milliards d’euros dans l'établissement.
Commerzbank a annoncé être en avance sur son plan de recentrage et a relevé ses objectifs de cession, même si la division qui héberge des actifs délaissés dans l’immobilier commercial, le financement maritime et les financements publics a déjà vu ses actifs se réduire de 32% sur un an, à 92 milliards d’euros. Ce portefeuille devrait encore être réduit de 47 milliards d’euros. Les actifs non stratégiques seront ramené à 67 milliards d’euros d’ici à 2016 au lieu de 75 milliards d’euros précédemment visés.
Commerzbank estime que les sanctions infligées à la Russie n’auront qu’un impact restreint sur ses activités sur place, mais ajoute qu’elle suit de près l'évolution de la situation au point de vue de la gestion du risque. A la fin du deuxième trimestre, son exposition à la Russie était de 5,4 milliards d’euros contre 6,1 milliards au premier trimestre. Cette exposition consiste essentiellement en des financements commerciaux pour des entreprises allemandes, couverts par des assurances à l’exportation, et en des prêts à de grandes entreprises russes, qui sont bien garantis, a déclaré le directeur financier, Stephan Engels.
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