Les Pays-Bas continuent à purger leur système bancaire avec SNS
Victime de son exposition à l’immobilier, le bancassureur SNS Reaal a été nationalisé avec effet immédiat vendredi par l’Etat néerlandais pour un coût de 3,7 milliards d’euros, faute d’avoir pu trouver un soutien reposant sur des financements privés avant la date-butoir du 31 janvier. SNS Reaal a dans la foulée annoncé la démission des dirigeants, qui s’étaient prononcés contre une telle mesure. Les actionnaires ne seront pas les seuls à être dépossédés de leurs titres, puisqu’aucune compensation n’est prévue pour les détenteurs de titres core tier one ou d’obligations subordonnées. L’affaire «vient rappeler que la crise bancaire en zone euro n’est pas terminée», soulignent les économistes de Citi.
Considéré comme une banque systémique, SNS Reaal a dû être sauvée dans l’urgence, étant donné que sa faillite «aurait eu des conséquences importantes, inacceptables et indésirables pour la stabilité financière, l'économie néerlandaise et le contribuable néerlandais», explique le ministre des Finances Jeroen Dijsselbloem, également nouveau président de l’Eurogroupe. En incluant les prêts immobiliers consentis à des PME, l’exposition de la quatrième banque du pays au marché immobilier atteignait 9,8 milliards d’euros au 30 septembre, dont 2,3 milliards de créances douteuses. Son ratio core tier one est par ailleurs tombé à 7,7% à fin décembre 2012, bien en dessous du seuil de 9% fixé par l’Autorité bancaire européenne.
Le soutien gouvernemental de 3,7 milliards d’euros, qui représente 0,6% du PIB néerlandais, accroîtra en 2013 le déficit budgétaire du pays, déjà attendu au-dessus du plafond de 3%. Cette aide, qui devrait être notifiée à Bruxelles, comprend une injection de capital de 2,2 milliards, plus 700 millions consacrés à isoler son activité de financement immobilier et 800 millions qui serviront à effacer une créance découlant d’une aide publique accordée en 2008. A cela s’ajoutent 5 milliards d’euros de garanties.
Les autres banques néerlandaises seront mises à contribution à travers une taxe exceptionnelle d’un milliard d’euros prélevée en 2014, ce qui se traduira dans le cas d’ING par une charge comprise entre 300 et 350 millions d’euros et de 250 millions pour ABM Amro, ont fait savoir les deux établissements. Cette taxe «aura un effet temporairement négatif sur le coût de financement des banques néerlandaises», en conclut Albert Ploegh, analyste d’ING Group à Amsterdam.
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