Les offres d’emplois sur les marchés se sont contractées fin 2011
Les annonces en cascade de suppressions de postes dans les banques européennes ces derniers mois laissaient présager un marché du travail particulièrement sinistré dans les métiers en prise directe avec les marchés financiers. Les tendances observées dans le dernier baromètre trimestriel d’eFinancial Careers sur les offres d’emplois confirment cette impression – et devraient continuer au moins en début d’année.
Au dernier trimestre 2011, la moyenne des offres déposées quotidiennement a reculé de 31% pour les postes qui concernent les produits dérivés et structurés et de 30% pour les postes attachés aux marchés d’actions. «Les fonctions buy-side [côté sociétés de gestion] souffrent autant que celles du sell-side [côté courtage]. Certains gestionnaires de fonds ont réduit leurs équipes d’investissement dédiées aux actions, tandis que les banques ont réduit à la fois la recherche actions et le trading en raison du manque d’appétence de leurs clients pour le risque. Alors que certaines institutions essaient d’éviter les réductions d’effectifs, on constate toujours actuellement très peu de nouvelles opportunités», indique l’étude.
La tendance est identique en banque de financement (-31%). Elle traduit en partie la décision des banques d’Europe continentale – en particulier françaises – de réduire considérablement leur dépendance au dollar, donc à l’égard des activités libellées en billet vert: les financements aéronautiques, maritimes, des matières premières, etc. Cette tendance explique probablement pourquoi la France – dont les banques Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale, voire Natixis, figuraient parmi les leaders mondiaux dans ces domaines – voit le nombre de ses offres reculer de 14%.
En revanche, les professions faisant appel à la modélisation financière demeurent très demandées étant donné le contexte actuel. C’est notamment le cas de l’analyse quantitative (+8%), de l’analyse de crédits (+6%) et des métiers de gestion du risque (+4%). «Alors que les mouvements de capitaux se réduisent et que leurs initiateurs exigent des analyses toujours plus approfondies et pointues, un modèle financier clair et concis peut garantir le succès d’une transaction. La tendance actuelle consiste à recruter des modélisateurs plus confirmés», commente le baromètre. Au total, le positif compense le négatif. La moyenne des offres a progressé de 4% en Europe continentale et 2% au Royaume-Uni.
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