Les objectifs de Popolare di Milano ont peine à convaincre les analystes
Pourtant affiché comme prudent, le plan stratégique 2011-13/2015 de Banca Popolare di Milano (BPM) présenté mercredi laisse les analystes sceptiques. Bien qu’il prévoie un renforcement de l’activité de prêts aux particuliers pour rééquilibrer le profil de risque.
La banque italienne s’est fixé comme objectifs un bénéfice net de 291 millions d’euros en 2013 et de 394 millions en 2015, soit une croissance annuelle moyenne de 30% sur la période. Elle vise un ratio core tier one de 9,9% en 2013 qui inclut l’augmentation de capital de 1,2 milliard d’euros prévue en septembre prochain. Ces objectifs se fondent notamment sur une prévision de hausse moyenne annuelle de 12,5% des produits d’intérêt nets d’ici à 2013, et d’une réduction du coût du crédit de 72 pb à 57 pb en 2015. Le renforcement des fonds propres passera également par la conversion d’obligations pour 406 millions d’euros et le remboursement de 500 millions d’obligations «Tremonti». BPM prévoit également de redistribuer à ses actionnaires tout supplément de capital supérieur à un core tier one de 9%, soit un total d’un milliard d’euros d’ici à 2015.
Mais les analystes ne partagent pas cet optimisme, jugeant en particulier trop ambitieux l’objectif de hausse des revenus. «Nos estimations de croissance annuelle de la marge nette d’intérêt, à 4,2%, restent très en-dessous de celle de la société», écrit Christian Carrese chez Intermonte. Evoquant l’ensemble des banques italiennes, les analystes de RBS partagent ce point de vue. «Les banques auront du mal à répercuter auprès de leurs clients la hausse des coûts de financement. Elles vont aussi donner la priorité au financement direct, par opposition à l'épargne hors bilan, ce qui limitera donc l’évolution des commissions», indique leur note.
RBS estime que le ratio core tier one de BPM s’élèvera à 9% en 2013, ce qui ne permettra pas la redistribution prévue aux actionnaires. L’analyste d’Intermonte prévoit en outre un coût du crédit de 62 pb en 2013 et anticipe ainsi un bénéfice net 2013 inférieur de 24% aux prévisions de BPM, à 217 millions d’euros.
La réaction mitigée des analystes est de mauvais augure dans l’optique de l’appel au marché de 1,2 milliard en septembre. Une opération qui s’annonce risquée puisque ce montant représente quasiment deux fois la capitalisation boursière du groupe (690 millions d’euros) après une baisse de près de 40% de son cours depuis le début de l’année.
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