Les LTRO suscitent le débat sur la liquidité des banques européennes
Alors que Mario Draghi, le président de la BCE, n’exclut pas le recours à une nouvelle opération de refinancement à long terme (LTRO) pour les banques, l’hypothèse d’un test de liquidité mené par l’Autorité bancaire européenne (EBA) et qui pénaliserait la dépendance des établissements envers les LTRO a animé les débats hier.
L’information, publiée dans le Financial Times, a été démentie par l’EBA en cours de journée. L’autorité a précisé ne pas avoir discuté des LTRO dans le cadre de ses futurs tests de résistance prévus en 2014.
Une telle hypothèse révèle toutefois le dilemme auquel fait face la BCE. «La discussion implique un arbitrage politique fort entre le soutien à la liquidité du système et le hasard moral, indiquent les analystes crédit de RBS. Alors que les stress tests se rapprochent et risquent de révéler la faiblesse des banques en périphérie de zone euro, il est urgent de trouver un moyen de soutenir les établissements fragiles. D’un autre côté, les banques périphériques de taille moyenne ont utilisé les LTRO pour investir dans la dette souveraine, ce qui a […] renforcé le lien avec leur Etat – une tendance que le FMI et la Bundesbank ont condamnée». En outre, un test de liquidité sur les LTRO inciterait les investisseurs à identifier d’ores et déjà les établissements les plus à risques.
D’emblée, les banques irlandaises et d’Europe du Sud paraissent plus vulnérables. Les choses sont plus ambiguës pour les établissements français. Selon la Banque de France, le montant net des recours aux LTRO (hors dépôts à la BCE et autres opérations d’absorption) est passé d’environ de 107 milliards d’euros en septembre 2012 à 53 milliards le mois dernier.
Mais attention, prévient Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue : «c’est aussi un jeu de vases communicants. Une partie des remboursements des LTRO effectués par les banques françaises vient du fait qu’elles se sont à nouveau refinancées auprès des fonds monétaires américains dès le premier trimestre 2013. Entre décembre 2011 et avril 2013, elles ont remboursé en net 21 milliards d’euros à la BCE – LTRO et financement à plus court terme confondus – mais se sont refinancées à hauteur de 75 milliards d’euros auprès de ces investisseurs». Une tendance unique en Europe.
Cela signifierait qu’en cas de nouvelle étincelle sur la zone euro, les banques françaises seraient fragilisées.
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