Les investisseurs prennent leur bénéfices sur les banques américaines

Les établissements qui ont publié cette semaine affichent des résultats en forte hausse. Mais les cours de Bourse ne suivent plus.
Franck Joselin
JPMorgan, banque américaine
Les résultats de JPMorgan ont déçu les investisseurs.  -  Photo Scott Eells / Bloomberg

La situation est redevenue normale pour les banques américaines. C’est en tout cas ce qu’estiment les investisseurs. La conséquence de cette normalité retrouvée se retrouve dans l’évolution des cours de Bourse juste après la publication de leurs résultats. C’est JPMorgan qui avait annoncé la tendance mardi. Avec des résultats supérieurs à ce qu’attendaient les analystes, les cours de Bourse n’ont pas suivi. Bien au contraire. La valeur a perdu 1,5% le jour de leur publication, démontrant que les bonnes nouvelles étaient déjà largement dans les cours.

Cette situation s’est répétée pour Goldman Sachs, dont le cours a aussi reculé de 1,2% mardi, bien que la banque ait rempli ses objectifs en termes de résultats. Même sanction boursière pour Bank of America, qui perdait 4,53% en séance mercredi, pour finir à -2,51%. Citigroup, qui a affiché un résultat multiplié par 6, et qui avait commencé la séance par une hausse, a aussi vu son cours se retourner plus tard dans la journée et a terminé à -0,29%. Wells Fargo, qui a renoué avec les bénéfices, a également vu son cours baisser en séance, pour finalement se reprendre avant la clôture. Mercredi, l’indice KBW des banques américaines a perdu -0,39% mercredi, pour un indice S&P 500 en hausse de 0,12%.

Les chiffres de ce trimestre, même pour les analystes, apparaissent donc plus difficiles à analyser. Les résultats en forte hausse sont, pour beaucoup, la conséquence de la normalisation de la situation sanitaire, entraînant des reprises sur les provisions passées les mois passés. Ce n’est pas une surprise pour les investisseurs, le secteur ayant progressé de presque 30 % depuis le début de l’année, soit 10 points de pourcentage de mieux que le marché dans son ensemble. Cependant, ces dernières semaines déjà, les actions des banques américaines marquaient le pas, laissant deviner que cette saison de résultats trimestriels serait moins consensuelle qu’au premier trimestre 2021.

Revenus d’intérêts en baisse

La réalité du secteur, même aux Etats-Unis, a fini par ressurgir. Les bénéfices du trading apparaissent, pour certaines structures, en recul par rapport aux plus hauts historiques. C’est le cas, par exemple, pour JPMorgan, pour qui les revenus de ce métier ont baissé de 28% par rapport à l’année précédente. Même lorsque les revenus de la banque d’investissement progressent, comme pour Goldman Sachs, les investisseurs s’interrogent sur la capacité des banques à conserver ce rythme soutenu d’activité.

Or, un élément vient compliquer la donne. Les taux bas grèvent les revenus nets d’intérêts des institutions financières, tirés de la différence entre les taux auxquels les banques se refinancent et ceux auxquels elles prêtent. Les taux longs américains ont reflué ces dernières semaines. Les marges restent basses et les volumes ne viennent pas compenser cette faiblesse. Dans les prochains mois, les investisseurs surveilleront donc les revenus traditionnels des banques, comme ceux issus des prêts, plutôt que l’exceptionnel.

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