Les investigations sur Co-op Bank échappent aux régulateurs
Le gouvernement britannique reprend en main le dossier Co-op Bank. En vertu des pouvoirs que lui confère le Financial Services Act de 2012, le ministre des Finances George Osborne a ordonné vendredi une enquête indépendante sur l’établissement. Quelques jours plus tôt, un nouvel épisode entachait la réputation de la banque «éthique»: son ancien président, le pasteur Paul Flowers, était arrêté après des révélations sur son addiction aux drogues dures. Les investigations seront menées «par une personne indépendante et nommée par les autorités de régulation, avec le consentement du Trésor», a précisé le ministre, sans donner de nom.
Cette enquête sera conduite en parallèle de celles que pourraient ouvrir la Prudential Regulation Authority (PRA) et la Financial Conduct Authority (FCA), rattachées à la Banque d’Angleterre. Elle couvrira l’activité de la banque depuis 2008, ainsi que le comportement et les conditions de nomination de ses directeurs. La FCA a indiqué hier qu’elle n’avait pas eu besoin d’auditionner Paul Flowers lors de son accession à la présidence de la banque en 2010... parce qu’il siégeait déjà au conseil d’administration. Actant sa responsabilité dans cette nomination, le président de Co-op Group, la maison mère de la banque, a démissionné la semaine dernière.
Paul Flowers a quitté la banque en juin, à la suite de doutes croissants sur ses compétences, et abandonné en parallèle ses fonctions de vice-président du groupe mutualiste en raison de notes de frais excessives. En 2010, le communiqué de sa nomination ne mentionnait même pas le maigre passé bancaire de ce pasteur méthodiste : quatre ans passés à la Westminster Bank dans sa jeunesse.
Le mois dernier, Co-op Group a abandonné le contrôle de sa banque aux créanciers obligataires emmenés par deux fonds alternatifs, pour combler un déficit de fonds propres de 1,5 milliard de livres (1,8 milliard d’euros). Un échec de taille, quelques mois après sa tentative de rachat de 632 agences de la banque nationalisée Lloyds. Cette opération avortée serait entachée de soupçons de favoritisme au profit de Co-op Bank, selon un concurrent interrogé par la BBC.
A l’heure du grand déballage, le gouvernement conservateur préfère charger le Parti travailliste, historiquement proche de Co-op Group. Paul Flowers a déjà été démis de ses fonctions au sein du Labour, de son allié le Co-op Party, et de l’Eglise méthodiste.
Plus d'articles du même thème
-
L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
L’annonce d’un prochain accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran est une bonne nouvelle pour les marchés européens qui ont particulièrement souffert de la crise énergétique. Mais tout n’est pas réglé. La réaction mesurée des marchés lundi en témoigne. -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »