Les hausses de salaires générales se font rares dans les banques françaises
Le Crédit Mutuel et BNP Paribas augmentent l’ensemble des salariés, contrairement aux Banques Populaires.
Publié le
Jérémy Bruno
Le secteur bancaire français se concentre sur les économies de coûts, au détriment des augmentations générales de salaires.
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Crédit Thinkstock.
La tendance des dernières années se confirme pour les négociations salariales de 2018. Le secteur bancaire français se concentre sur les économies de coûts, et les propositions d’augmentations générales restent minoritaires.
«Nous sommes dans une profession qui enregistre des résultats bénéficiaires, mais qui propose des mesures salariales a minima, voire rien du tout», déplore Sébastien Busiris, responsable de la fédération FO Banques et Sociétés financières. La Société Générale et LCL l’illustrent. La première renouvelle l’enveloppe de 1,7 million d’euros dédiée à la réduction des écarts salariaux entre femmes et hommes et y ajoute un supplément d’intéressement de 1.000 euros pour les salariés, tandis que la filiale du Crédit Agricole propose un budget de 10 millions d’euros pour les mesures individuelles en priorisant les métiers en tension. De quoi mécontenter les syndicats, qui déplorent l’absence de mesure collective pérenne. Pour le groupe BPCE, la branche Caisse d’Epargne se tient au versement d’une prime unique de 350 euros à une partie des salariés, proposition qualifiée «d’indécente» dans un communiqué publié en décembre par les syndicats, qui ont alors suspendu les négociations.
L’autre branche du groupe BPCE, les Banques Populaires, avance une augmentation de 0,5% à partir du 1er janvier 2018, toutefois réservée aux salaires inférieurs ou égaux à 70.000 euros bruts annuels, ainsi qu’une révision de minima salariaux. «Cela exclut des mesures générales bon nombre de cadres qui n’ont souvent pas été augmenté depuis des années, et ne bénéficient pas forcément de mesures individuelles», regrette Sébastien Busiris, alors que FO Banques a refusé de signer l’accord. «Les cadres doivent être intégrés aux mesures collectives comme tous les salariés, avec des mesures correctives pour aider les salaires les plus bas», souligne-t-il.
Le Crédit Mutuel se distingue à nouveau en 2018 : la banque mutualiste assure une hausse de 1% des salaires au 1er janvier prochain, avec un plancher de 350 euros. Les employés de BNP Paribas devraient, eux, compter au 1er avril 2018 sur une augmentation pérenne de 0,6%, dont le plancher a été fixé à 250 euros, aux côtés d’une prime de 500 euros sous forme de complément d’intéressement et 2,4 millions d’euros dédiés à l’égalité femmes-hommes.
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