Les groupes français ont des profils d’exposition divers à la Grèce

La Société Générale porte surtout des titres de maturités résiduelles courtes, à l’inverse de BNP Paribas et de BPCE
Alexandre Garabedian

Nul ne s’attendait à voir les banques françaises échouer aux tests de résistance. Les quatre groupes passés au crible – BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole et la Société Générale – ont de fait réussi l’examen haut la main. A fin 2012, dans le scénario le plus défavorable, ils afficheraient un ratio de solvabilité core tier one agrégé de 7,5%, largement supérieur au seuil de 5% fixé par les autorités. Soit une diminution de 0,9 point par rapport au niveau de 8,4% relevé fin 2010. Incroyable mais vrai: le Crédit Agricole, pourtant laminé en Bourse à cause de son exposition à l’économie grecque à travers sa filiale Emporiki, réussit même à améliorer son ratio, de 8,2% à 8,5%.

Dans le scénario du pire, le résultat brut d’exploitation agrégé en 2011 et 2012 des quatre banques atteindrait 57,3 milliards (soit 28,6 milliards par an) contre 45 milliards en 2010. Les pertes sur les titres souverains en portefeuille de trading expliqueraient à hauteur de 1,45 milliard le recul du RBE, le reste étant lié à des pertes de parts de marché. A fin 2012, le cumul des fonds propres core tier one approcherait les 167,6 milliards.

L’intérêt des tests vaut surtout pour le niveau de détail qu’ils fournissent sur l’exposition souveraine des banques françaises à fin 2010. S’agissant de la Grèce, BNP Paribas portait 5 milliards d’emprunts d’Etat en net, dont 4,5 milliards dans son portefeuille bancaire. Contre 1,26 milliard chez BPCE (mais seulement 43 millions en banking book), 2,65 milliards à la Société Générale (1,75 milliards) et 655 millions au Crédit Agricole (242 millions en banking book).

Le profil des maturités fait apparaître des différences dans les expositions. La Société Générale est majoritairement concernée par le risque grec à court ou moyen terme, avec 80% environ de positions à moins de deux ans. Au contraire, chez BNP Paribas, les deux tiers de l’exposition (soit 3,3 milliards) avaient une maturité résiduelle de 10 ans et plus. La proportion de long terme est encore plus élevée chez BPCE (autour de 85%), tandis qu’au Crédit Agricole, l’exposition est concentrée sur le segment 5 ans / 10 ans.Les expositions à la dette portugaise sont plus également réparties chez BNP Paribas selon les maturités, et surtout concentrées à moins d’un an chez CASA, les deux établissement les plus concernés.

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