Les grandes banques américaines vont aussi bénéficier d’un assouplissement de la réglementation
Pas de jaloux à Wall Street. Laissées pour compte par la réforme des exigences en fonds propres proposée mercredi dernier par la Réserve fédérale, les banques systémiques américaines vont en revanche largement bénéficier de la réforme du ratio de levier supplémentaire (SLR) annoncée le lendemain avec l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC). La Fed et l’OCC veulent remplacer ce ratio fixe de 2% de leurs actifs qui vient s’ajouter au standard international de 3%, par un ratio lié «à la surcharge en capital basée sur le risque, dépendante des caractéristiques de chaque banque», pour le rendre «plus adapté à chaque firme».
Les huit banques systémiques américaines, les seules concernées par le SLR, verront leurs besoins en fonds propres être réduits de 400 millions au niveau de leur structure de tête. L’impact est bien plus important pour leurs filiales locales, dont les exigences en capitaux vont fondre de 121 milliards de dollars. La modification du SLR devrait également significativement réduire les besoins en dette TLAC des banques systémiques, d’après les analystes de Bloomberg Intelligence.
Polémique
Ce nouvel assouplissement des règles mises en place à la suite de la crise financière est plus polémique que la réforme des tests de résistance annoncée la veille. Lael Brainard, gouverneur de la Fed nommée par Barack Obama, avait ainsi voté en faveur de cette dernière mais s’est opposée à la réforme du SLR, jugeant que «la croissance du crédit et la profitabilité du système bancaire américain sont robustes». De même, la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC), qui gère la garantie des dépôts outre-Atlantique, a critiqué la réforme proposée par la Fed et l’OCC. Contrairement à ces deux régulateurs, le dirigeant de la FDIC n’a pas été nommé par Donald Trump.
Le projet inquiète même en Europe, où Vitor Constancio, le vice-président de la Banque centrale européenne, s’est inquiété vendredi que les régulateurs américains aillent plus loin, et introduisent des exemptions pour que certains actifs ne soient plus pris en compte dans le calcul du ratio de levier. «L’introduction d’un ratio de levier en guise de filet de sécurité, comme quelque chose qui peut être un frein est très importante et je vois avec inquiétude qu’il y a plusieurs mouvements en cours qui mineraient le rôle du ratio de levier», a-t-il déclaré à Bruxelles.
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