Les fraudes sur paiements par carte augmentent pour la quatrième année
Dans un contexte où l’usage de la carte de paiement ne cesse de s’intensifier (+7% à 533,7 milliards d’euros en 2011), les fraudes ont crû l’an passé pour la quatrième année consécutive. Le taux de fraude a atteint 0,077% pour un montant de 413,2 millions d’euros (contre un taux de 0,074% et 368,9 millions d’euros en 2010), selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement.
Alors que la fraude à l’international a légèrement reculé, la hausse s’explique par deux tendances sur le plan national. En premier lieu, le taux de fraude sur les paiements à distance, notamment sur internet, a crû de 22% pour atteindre 0,321%. «Ces paiements ne représentent que 8,4% de la valeur des transactions nationales, mais comptent pour 61% du montant de la fraude», souligne Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l’observatoire. Le taux de fraude sur internet est passé de 0,276% à 0,341%.
L’observatoire, qui recommande la mise en place de solutions de paiement avec authentification renforcée telles que l’envoi d’un code via SMS, se félicite de la migration effectuée dans ce sens par le site de la SNCF. «La part des paiements sécurisés par de l’authentification renforcée est ainsi passée de 17 à 23% des transactions de paiement sur internet», souligne Christian Noyer. Par ailleurs, en 2012, «le forum européen sur la sécurité des moyens de paiement a proposé des recommandations similaires qui devraient déboucher sur la généralisation à terme de ces dispositifs au niveau européen», se félicite le président.
La hausse du taux de fraude a également été générée par les paiements de proximité, dont le taux a crû de 0,012 à 0,015%, après plusieurs années de baisse. Cette hausse «s’explique par une augmentation des vols de carte», relève Christian Noyer. L’observatoire a averti sur la sécurité des solutions permettant de transformer le téléphone mobile en terminal de paiement. «La majorité des solutions existantes ne répond pas aujourd’hui aux exigences en vigueur », estime le président.
Concernant la directive Monnaie électronique 2, toujours en cours de transposition, «il y a une volonté de faire passer le texte dans les mois qui viennent», indique Geoffroy Goffinet, secrétaire de l’observatoire. «Une année électorale est forcément perturbante, en particulier pour les transpositions», souligne Christian Noyer.
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