Les fondations bancaires reprennent la main chez UniCredit
Les présidents et managers passent. Les fondations demeurent, toujours influentes. Ces actionnaires historiques des banques italiennes continuent de faire la pluie et le beau temps dans le système financier de la péninsule. Dix-huit mois après avoir sorti l’administrateur délégué Alessandro Profumo, en se servant du président Dieter Rampl, les fondations actionnaires d’UniCredit ont fini par se débarrasser aussi de ce dernier. Après sept ans, l’ex-patron de la banque allemande HVB, qui avait fusionné avec la première banque italienne en 2005, a fait savoir «qu’il n’était pas disponible» pour un troisième mandat.
Dans les faits, l’Allemand semble payer les conséquences de la maxi augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros que la banque vient de réaliser. Après avoir déjà soutenu deux recapitalisations pour 7 milliards d’euros en 2009, les fondations ont dû remettre la main à la poche, non sans difficulté, souvent contraintes à s’endetter, pour conserver ensemble leur part de 12 à 13% du capital. Cette augmentation de capital a fait par ailleurs voler en éclat l’équilibre déjà complexe au sein de l’actionnariat, le premier actionnaire étant désormais le fonds Aabar d’Abou Dhabi avec 6,5%.
La volonté de Dieter Rampl, enfin, de réduire le conseil d’administration de 23 à 15 membres et de l’internationaliser a précipité une crise qui couvait. Craignant pour leurs positions, les fondations ont préféré pousser l’Allemand vers la sortie. En particulier CRT, aujourd’hui premier actionnaire italien d’UniCredit avec 3,85%, dont le président Fabrizio Palenzona a guidé la révolte, aux côtés de Cariverona (3,5%) et de la Fondazione Monte du Bologna e Ravenna. Fabrizio Palenzona a eu beau démentir vouloir viser la présidence, son nom n’en circule pas moins comme l’un des successeurs possibles de Dieter Rampl.
Une chose est sûre, le prochain président d’UniCredit devrait être un Italien, naturellement «de haut profil». Angelo Tantazzi, qui a longtemps présidé la Bourse italienne et occupé le poste de vice-président de LSE jusqu’en 2010 est également considéré comme un candidat potentiel, tout comme l’ex-ministre de l’économie Domenico Siniscalco. Autre certitude, le conseil d’administration devrait se composer de 18 à 19 membres, ce qui permettrait aux fondations de conserver leur place.
Enfin selon certaines rumeurs, le directeur général d’UniCredit Roberto Nicastro serait également sur le départ.
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