Les établissements bancaires espagnols souffrent de l'écrasement de leurs marges
Les choses sérieuses commencent pour les banques espagnoles avec les résultats de Sabadell aujourd’hui, suivie de La Caixa demain, et par BBVA et Santander les 2 et 3 février prochains. Mais les comptes dévoilés ces derniers jours par Banesto et Bankinter ont déjà livré leur vérité: les marges des prêteurs espagnols prennent de plein fouet l’envolée des coûts de refinancement.
Entre le troisième et le quatrième trimestres 2010, le produit net des intérêts chez Banesto a plongé de 11,4%, à un rythme jamais atteint durant la crise. Le coût moyen du passif est passé de 1,36% à 1,52% alors que le taux versé sur les actifs est resté quasiment stable. Même constat chez Bankinter, où la marge nette d’intérêt est tombée en un trimestre de 1,1% à 0,8%.
Pénalisées par les craintes sur la dette souveraine de l’Espagne, les banques locales voient leurs coûts de refinancement exploser sur le marché. Y compris BBVA et Santander, qui ont dû proposer début janvier des marges de 225 points de base pour émettre des obligations sécurisées à 3 ans et 5 ans, contre 55 pb sur les mêmes maturités un an plus tôt. Hier, Banco Popular a placé 650 millions de covered bonds à 2 ans à un spread de 270 pb.
Les propositions de Bruxelles début janvier, visant à pénaliser les créanciers seniors en cas de future crise bancaire, ont aussi contribué à faire grimper la prime de risque. En repli depuis dix jours, les CDS de Bankinter et de Popular se traitent encore à 450 et 400 pb, près du double de leur niveau à fin octobre. La fermeture partielle du financement de gros conduit par ailleurs à une concurrence féroce en Espagne pour capter les dépôts des clients, d’où la hausse du coût de cette ressource (+0,5 point en un an chez Banesto).
«La marge de Bankinter, Sabadell et Popular sur leur production nouvelle est devenue négative en novembre», affirment les analystes actions de RBS, qui voient comme seules parades un raccourcissement du financement sur des maturités moins chères, et la poursuite de la réduction des bilans. Mais «il s’agit d’un problème structurel pour les banques espagnoles, qui va persister et accentuera les avantages des grandes banques diversifiées par rapport aux petits établissements purement domestiques», estime RBS. Des petites banques qui seront pénalisées par un dernier élément: la volonté de l’Espagne d’anticiper dès 2011 l’application du ratio de fonds propres durs de 8% prévu par les règles Bâle 3.
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