Les établissemens bancaires les plus faibles font face au dilemme des cessions d’actifs
Pour les banques qui ont échoué vendredi aux tests de résistance ou les ont passés de justesse, l’heure est au renforcement des fonds propres. Elles disposent de plusieurs outils: une injection de fonds publics, comme en Espagne avec le Frob, un appel direct au marché d’actions (la voie choisie vendredi par le grec Alpha Bank), des opérations de rachats de dette subordonnée décotée (le portugais Caixa Geral étudie un échange portant sur 600 millions d’euros de titres), des cessions de portefeuilles d’actifs, voire de filiales entières.
Dans ce dernier cas, le remède pourrait cependant se révéler pire que le mal. Pressés par le temps, les établissements les plus fragiles devront vendre leurs actifs les mieux portants. Donc ceux qui sont les plus à même de leur apporter des fonds propres grâce à leur capacité à dégager du résultat. «On sacrifie de la croissance et de la génération de capital à moyen terme pour une plus-value à court terme, explique un banquier d’affaires. Mais où les banques grecques pourront-elles gagner de l’argent si elles sont obligées de se recentrer sur leur marché domestique ?»
EFG Eurobank en est le dernier exemple. La troisième banque grecque, dégradée à B- par Fitch la semaine dernière, a annoncé le 14 juillet des discussions préliminaires en vue de céder sa participation de 70 % dans sa filiale turque Tekfen. Cette dernière, passée sous pavillon d’EFG en 2007, compte 57 agences et un total de bilan de 1,4 milliard d’euros. Les comptes de la filiale turque ne sont pas détaillés, mais elle a contribué à la montée en puissance du pôle de la «nouvelle Europe», où la banque grecque loge ses activités en Turquie et en Europe centrale.
En 2010, le pôle a apporté 32 millions d’euros de résultat net, soit 47 % des profits du groupe, qui ont fondu de trois quarts en un an. Et encore, la nouvelle Europe intégrait-elle la Pologne, une filiale qu’EFG a cédée cette année. Au premier trimestre 2011, le pôle a gagné 13 millions. Même si la surchauffe de l’économie turque et son énorme déficit courant commencent à inquiéter les observateurs, EFG s’apprête à perdre l’un des moteurs de sa croissance. Elle deviendra encore plus dépendante à l’économie grecque et à son cocktail délétère de récession, coût du risque en hausse et fuite des dépôts bancaires. Un problème qui risque de se poser à la plupart des banques issues de la périphérie de la zone euro.
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