Les émergents poursuivent leur politique de financement à l’international

Les créances transfrontières ont baissé de 185 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre une hausse de 145 milliards pour les pays émergents
Patrick Aussannaire

Selon le rapport trimestriel de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), les créances transfrontières agrégées des banques déclarantes à l’institution ont baissé de 0,6% au deuxième trimestre de cette année, soit 185 milliards de dollars, après une hausse de 155 milliards au premier semestre. Des données qui tiennent compte de l’appréciation contre dollar des créances libellés en euros de 1,4%, de 3% de celles libellées en yens et de 9% de celles libellées en francs suisses au cours du trimestre. Les créances des banques locales en devises étrangères accordées à des résidents internationaux se sont accrues de 66 milliards, alors que les dettes bancaires en devises étrangères ont progressé de 45 milliards.

Les pays développés sont les plus touchés avec des créances de résidents en chute de 258 milliards. Les Etats-Unis ont connu une baisse de 128 milliards des créances bancaires sur le trimestre et le Royaume-Uni de 94 milliards. Celles des établissements bancaires et non bancaires ont plongé de respectivement de 25 et 28 milliards en Allemagne. Exception notable pour la France qui a vu ses créances dans les deux secteurs progresser de respectivement 56 et 43 milliards.

Les pays émergents ont su tirer leur épingle du jeu avec des prêts transfrontaliers en hausse de 145 milliards de dollars. Si le rythme d’activité décélère légèrement, il s’agit de leur neuvième trimestre consécutif dans le vert. Sans surprise, la Chine tire l’activité avec une hausse des prêts à l’étranger de 45 milliards par le secteur bancaire et de 23 milliards par le secteur non bancaire. Le Brésil et l’Inde ont également vu leurs prêts croître de respectivement 22 et 9 milliards.

Sur le trimestre, les dettes bancaires transfrontalières ont chuté de 188 milliards, avec 242 milliards liées aux positions interbancaires. Traduisant les difficultés de refinancement en dollars des banques étrangères et notamment européennes, les positions nettes en dollars ont accusé une baisse de 244 milliards. Les émissions nettes de titres obligataires par les banques ont atteint 47 milliards après un plus haut de 185 milliards au trimestre précédent.

Enfin, l’exposition des banques résultant des extensions de garanties, comprenant les dérivés de crédit, s’est accrue de 800 milliards de dollars sur le trimestre.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...