Les dommages assurés des catastrophes naturelles ont progressé d’un tiers
Alors que les premières chutes de neige, même limitées, provoquent déjà leur lot de désagréments en France, Swiss Re publie ses estimations provisoires annuelles relatives au coût des catastrophes annuelles et techniques dans le monde en 2010. Selon son équipe de recherche Sigma, leur coût pour l’économie a triplé d’une année sur l’autre, atteignant 222 milliards de dollars, pour un nombre de victimes le plus élevé depuis 1976, estimé à 260.000.
Pour autant, le coût n’a pas progressé dans les mêmes proportions concernant les compagnies d’assurance. La hausse se limite à 34%: les catastrophes leur ont coûté un montant total de 36 milliards de dollars. Ce décalage est lié au fait que le séisme en Haïti, la plus grande catastrophe de l’année, a eu lieu dans l’un des pays les plus pauvres du monde, où le système d’assurance est peu développé.
Dans une réalité macabre qui se vérifie au fil des ans (à l’image du tsunami dans l’océan indien), ce séisme qui a causé la mort officielle de 222.570 personnes a provoqué seulement 30 millions de dollars de dommages assurés. En comparaison, le séisme suivi du tsunami au Chili, le 27 février dernier (qui a fait 521 victimes), a coûté à lui seul 8 milliards de dégâts assurés et le séisme néo-zélandais plus de 2,6 milliards alors qu’aucun mort n’est à déplorer.
Plus proche de nous, la tempête hivernale Xynthia, qui a essentiellement traversé la France, l’Allemagne et l’Espagne, représente plus de 2,8 milliards de dollars. Pour rappel, le coût des inondations dans le Var en juin a été évalué à 700 millions d’euros.
Les catastrophes n’ont donc pas épargné les assureurs cette année. Comme le rappelaient en septembre les analystes de S&P, les sinistres des six premiers mois de l’année ont consommé plus de 50% des budgets consacrés aux catastrophes naturelles.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse -
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