Les détails des stress tests ont ouvert une brèche pour les banques
La deuxième semaine de juillet a été chargée pour les financières. Après un mois de juin difficile au cours duquel les émetteurs bancaires ont très largement souffert des répercussions de la crise souveraine, les tensions paraissent s’apaiser en ce début de période estivale. Les indices iTraxx qui mesurent la prime de risque (CDS) sur la dette bancaire se sont largement détendus depuis la fin juin. Sur la dette senior, l’iTraxx a perdu 38 points de base (pb) depuis quinze jours. Côté dette subordonnée, l’indice a chuté sur la même période de 52 pb. Les banques ont donc profité de cette accalmie pour se financer. Selon Dealogic, 18,4 milliards d’euros de dette financière (assureurs compris) ont été émis la semaine dernière contre 4,8 milliards, la semaine précédente.
Sur la dette senior, 94 milliards d’euros ont été placés au 9 juillet, sur un an, selon les stratégistes de SG CIB. Rien que la semaine dernière, neuf banques ont été présentes sur le marché, à travers 10 milliards d’euros d’émissions. Parmi elles, jeudi, HSBC et Crédit Mutuel ont placé à 10 ans, respectivement 1,5 milliard et 1 milliard d’euros. Sur des maturités plus courtes, Crédit Agricole a émis hier pour un milliard d’euros à 5 ans. Quant à RBS et UBS, elles ont placé, également à 2015, 1,25 milliard d’euros pour la première et 1,75 milliard, pour la seconde. Barclays et Intesa Sanpaolo ont quant à elles redonné de l’activité au segment de la dette low tier 2 à long terme. Les deux banques ont émis sur dix ans, respectivement 1,5 et 1,25 milliard d’euros de dette subordonnée.
Toutes les opérations se sont déroulées avec des spreads relativement serrés, sauf pour l’émission de RBS qui s’est écartée de 331 pb par rapport au benchmark. Les banques ont en effet rassuré sur leurs besoins en liquidités début juillet, en empruntant moins que prévu auprès de la BCE. D’autre part, la publication des modalités des stress tests, la semaine dernière, a largement réduit les tensions et euphorisé les marchés actions européens. Il est moins évident que leurs résultats prévus le 23 juillet fassent le même effet. Les incertitudes sur les conditions de renflouement des banques fragilisées étant grandes, le calme pourrait être de courte durée. Certaines banques devraient donc se précipiter pour se financer avant la fermeture probable de la fenêtre de tir, en fin de semaine prochaine.
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