Les déboires de l’autrichien Heta éclaboussent plusieurs banques et gérants
L’annonce début mars d’un moratoire sur la dette de Heta Asset Resolution (ex-Hypo Alpe Adria, HAA) produit ses premiers effets de ricochet. Parmi les créanciers seniors de la structure de défaisance, dont le passif dépasse les 13 milliards d’euros, figurent notamment Pimco, Deutsche Bank, Dexia et Deutsche Pfandbriefbank (PBB), filiale du groupe allemand Hypo Real Estate.
«Personne n’aurait pu prévoir qu’un pays cœur de la zone euro tel que l’Autriche prendrait la décision de ne pas payer malgré sa capacité à le faire», a commenté lundi le co-directeur général de PBB et Hypo Real Estate, Andreas Arndt. La banque avait précisé vendredi être exposée à hauteur de 395 millions d’euros à Heta et avoir passé une provision de 120 millions d’euros. En fin de semaine dernière, Dexia a aussi indiqué détenir dans ses livres 395 millions d’euros de dette de Heta, une «provision spécifique» non quantifiée devant être comptabilisée au premier trimestre «en fonction de l’évolution de la situation».
Heta, créée en octobre 2014, cinq ans après la nationalisation de HAA qui a été pendant un temps une filiale de BayernLB, et le groupe bancaire allemand se livrent actuellement une bataille juridique concernant 2,4 milliards de prêts non remboursés. Après avoir déjà injecté 5,5 milliards d’euros dans HAA et Heta, Vienne a par ailleurs refusé de colmater une nouvelle brèche de 7,6 milliards d’euros. Un moratoire sur la dette de la structure, entrée en phase de résolution, court désormais jusqu’à mai 2016.
Outre Dexia et PBB, les statistiques compilées par Bloomberg montrent que le gérant américain Pimco et Deutsche Bank détiennent respectivement 292,3 et 275,6 millions d’euros de l’encours obligataire de 9,8 milliards d’euros de Heta.
Heta doit également 1,24 milliard d’euros de dette à Pfandbriefbank Oesterreich, une banque hypothécaire de place chargée du refinancement des banques régionales autrichiennes. Malgré la garantie de 10,2 milliards d’euros accordée par la Carinthie à Heta, qui est originaire de cette province, Moody’s a placé vendredi sous revue les notes de Hypo Tirol Bank et de Vorarlberger Landes. Créancières de Pfandbriefbank Oesterreich, les deux banques autrichiennes pourraient faire face à «des pertes allant de 60 à 111 millions d’euros», estime l’agence.
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